Titre : Starless Sky
Auteur : Hitomi
Sujet : Dir en grey
(ça n'a pas changé depuis le premier chapitre ^^)
Genre : Aïe aïe aïe ça
s'arrange pas…
Disclaimer : Y sont
toujours pas à môaaaaa !!!!! ç__ç
Spoiler : Je ne dirais
rien, même en présence de mon avocat !!!
Résumé : Ça ne va pas
fort entre les membres d'un groupe de Visual Rock bien connu ^^ : le guitariste
est amoureux du batteur qui a l'air de ne même pas s'apercevoir qu'il existe,
tandis que l'autre guitariste court après le bassiste qui n'apprécie pas trop…
Et le chanteur, là-dedans ?
Déclaration de l'auteur
: J'ai très mal dormi, à me demander ce que j'allais bien pouvoir inventer pour
la suite… Maman !!! Je ne contrôle absolument rien !!!!
Je
sens que je vais me mettre à dos toutes les fans ^^ et j'ai moi-même très
n'honte d'être aussi méchante avec nos bébés d'amour, et surtout mon
Totchi-choupinou adoré ^^;;; *sweatdrop* mais, heu, allez, les filles…*sourire
incertain, lève les mains et fais un pas en arrière* Vous savez bien que ce
n'est qu'une fic et…*gasp* OSKOUR !!!!!!! *file se cacher*
~Hitomi~
(21/09/01)
par Hitomi
Toshiya tira lentement sur sa cigarette,
suivant d'un œil distrait les volutes de fumée bleuâtre qui ne tardaient pas à
se confondre avec un ciel offrant une lourde couleur d'ardoise, annonciatrice
de pluie.
Il resserra sa veste autour de lui. Il
détestait ce temps, pourtant à l'unisson de son humeur.
Les cieux ressemblaient à ce qu'était
actuellement sa vie : grise et sombre, sinistre. Son horizon lui paraissait
aussi bouché que le paysage automnal qu'il avait sous les yeux.
Avec un soupir, le
bassiste jeta son mégot et puisa une autre cigarette dans le paquet de Die.
C'était la quatrième depuis qu'il s'était littéralement enfui du local de
répétition. Cela devait faire plus d'une demi-heure, songea-t-il sans daigner
jeter un coup d'œil à sa montre. Kaoru allait être furieux. Tant pis. Il
n'avait pas envie d'y retourner. Sa conscience professionnelle se rebella,
protestant qu'il ne devait pas se défiler ainsi, qu'il avait besoin de mise au
point sur certains nouveaux morceaux, que lors du dernier live, il s'était
encore trompé dans la reprise, sur Ain't afraid to die[1],
que… Avec irritation, il relégua l'agaçante petite voix de la raison dans un
recoin de son esprit. Jusqu'à présent, il avait toujours pris très au sérieux
les répétitions et n'en manquait que contraint et forcé. Mais se retrouver face
aux autres était au-dessus de ses forces.
Quand je pense que
tout le monde m'envie, croyant que ma vie est un rêve alors qu'elle a tout du
cauchemar…
Il soupira à nouveau
en s'adossant à la cheminée pour allumer sa cigarette. Il ne put retenir une
grimace, en se demandant une nouvelle fois comment Die pouvait fumer de telles
horreurs. S'il n'avait pas eu autant besoin de nicotine pour tenter de se
calmer, il aurait jeté le paquet.
Il ferma les yeux en
aspirant une longue bouffée. Au moins avait-il trouvé un coin tranquille sans
personne pour le regarder comme une bête curieuse…
Quand, perdu dans ses
pensées, il s'était retrouvé devant la porte de l'immeuble, il avait hésité.
Durant les pauses, il avait l'habitude d'aller fumer sur l'escalier extérieur,
le plus souvent en compagnie de Die, parfois de Kyo. D'ordinaire, le regard
ahuri des passants le faisait rire, surtout à l'époque où il arborait des
cheveux indigo[2] : entre la
crinière rouge vif du guitariste et celle jaune canari du chanteur, il y avait
de quoi choquer, il fallait bien le reconnaître, même lorsqu'ils étaient
habillés normalement et sans maquillage. Mais, aujourd'hui, il aurait été
incapable de supporter ces yeux inquisiteurs qui le jaugeaient, le
dévisageaient, le jugeaient. Stupeur, mépris, dégoût, crainte… il connaissait
la gamme entière des expressions de ceux qui ne voyaient que son apparence.
J'en ai assez ! Je ne veux plus les
voir…
Il avait alors fait demi-tour, pour
aller se réfugier sur le toit. Avec un peu de chance, les autres penseraient
qu'il était rentré chez lui et ne songeraient pas à le chercher là.
Rageusement, Toshiya jeta sa cigarette à
peine entamée, se laissa glisser le long du conduit et entoura de ses bras ses
genoux relevés sur lesquels il appuya son front. Si seulement ça pouvait être
aussi facile : rester là, immobile, entre ciel et terre, hors d'atteinte du
monde et de ses préoccupations…
Ses préoccupations. Au nombre de deux.
Il releva la tête, fixant sans la voir
une craquelure dans le revêtement du toit. Kaoru n'était que la moitié du
problème et il aurait bien voulu pouvoir y remédier très vite afin de se
consacrer à ce qui l'empêchait de dormir depuis trop longtemps.
Après l'incident, il avait cru
que le guitariste le laisserait définitivement tranquille, qu'il avait compris
que son attirance n'était pas, ne serait jamais payée de retour.
Toshiya avait eu la paix un an et demi.
Dix-huit mois qu'il considérait maintenant comme idylliques, durant lesquels
Kaoru avait semblé avoir totalement oublié ce qui s'était passé entre eux pour
se comporter le plus naturellement du monde. Pas amicalement, il ne fallait
tout de même pas exagérer. Mais sans sous-entendus à tout bout de champ, sans
rien de ces paroles ou attitudes ambiguës qui mettaient le bassiste si mal à
l'aise dans les premier temps de Dir en grey.
Puis, juste après la sortie de Macabre,
le deuxième album[3], le
cauchemar avait recommencé. Mais différemment. Cette fois, le leader ne
cherchait plus à le séduire mais bien à lui rendre la vie impossible, comme
s'il voulait enfin se venger de l'humiliation qu'il avait subie.
Toshiya secoua la tête. Il n'aurait
jamais cru que Kaoru pouvait se montrer aussi mesquin : il critiquait toutes
les propositions du bassiste, toutes ses suggestions pour améliorer telle ou
telle chose dans les morceaux, ne les acceptant que lorsqu'il avait la majorité
contre lui, et ne lui laissait passer aucune erreur.
Si ça vient de Kyo ou de Shinya, ou même
de Die, aucun problème. Mais moi, tout ce que je dis ou fais, c'est nul…
Et comme Toshiya
n'était pas du genre à se laisser provoquer sans réagir, cela avait rapidement
tourné à la guerre ouverte. Le Macabre Tour, la tournée 2000-2001[4],
aurait pu être pour tout le monde un interminable supplice si les trois autres
n'avaient rapidement compris que ces longues semaines de cohabitation forcée
avec les deux ennemis jurés risquaient de les rendre fous s'ils ne
s'ingéniaient pas à les séparer le plus possible. Ils s'étaient donc scindés
durant les voyages, Die jouant les gardes du corps auprès du bassiste et Kyo
s'accrochant aux basques du leader, Shinya servant de tampon entre les deux
groupes. A l'hôtel, ils se débrouillaient, surtout Die, pour que Kaoru et
Toshiya ne soient jamais dans des chambres mitoyennes. Quant aux repas, ils
n'en prenaient pratiquement aucun en commun, le chanteur ou le guitariste
trouvant toujours un bon prétexte pour inviter leurs protégés respectifs dans
des endroits séparés, le batteur accompagnant alternativement les uns ou les
autres.
Finalement, ils ne
s'étaient jamais autant peu vu que durant cette période où ils étaient censés
vivre ensemble.
Il n'y avait que sur scène que le groupe
retrouvait son unité. Dès les premières secondes du show, dès qu'ils se
retrouvaient sous les projecteurs, ils redevenaient une seule entité, soudés
par leur amour de la musique et la voix magique de Kyo.
Là seulement, Toshiya pouvait tout
oublier pour se fondre dans l'osmose des sons et des lumières. Là seulement,
quand sa basse prenait vie sous ses doigts pour transmettre au public tout
l'amour, toute la joie qu'il gardait au fond de lui et ne pouvait exprimer
autrement, il avait la sensation que son existence servait à quelque chose. Là
seulement, il pouvait vivre…
***
TOKYO, 1996
Il entendait à peine
les hurlements de la foule. Toutes ces filles… Rien que des silhouettes agitées
de mouvements spasmodiques, des visages indiscernables dans la pénombre, des
cris hystériques étouffés par la musique.
La musique.
Il avait su qu'il avait trouvé sa voie
la première fois qu'il était monté sur une scène, qu'il s'était senti vibrer
aux accords violents, sauvages, émis par son instrument. Ebloui par les
projecteurs, assourdi par les amplis, enivré d'une joie pure et qu'il n'aurait
jamais cru connaître, il avait compris : jamais plus il ne pourrait vivre sans
musique.
Elle était le sang qui grondait dans ses
veines, son cœur marquant le rythme comme une puissante batterie. Elle
s'infiltrait, brûlante, lumineuse, dans chaque fibre de son corps pour mieux
rayonner à travers lui.
Le public ne s'y trompait pas, qui
hurlait son nom d'un bout à l'autre des shows. Il l'ignorait, tout entier
englouti dans le fluide vital de ses mélodies, étreignant sa basse comme le
corps de la plus voluptueuse des maîtresses, courbé sur elle, l'enveloppant de
son propre corps, presque totalement inconscient de ce qui l'entourait et ne
reconnaissant le reste de l'univers qu'au son : derrière lui, les roulements
telluriques de la batterie, à gauche, le chant éolien de la guitare, et juste
devant lui…
Devant lui, la magie, le rêve,
l'indescriptible. Plus qu'une voix envoûtante, plus qu'un visage d'ange. La
découverte émerveillée du plus beau des sentiments, le plus grand bonheur qu'il
ait connu dans sa jeune vie. L'amour et la musique réunies en un prénom.
Junya.
***
" Tu as été fantastique, ce soir,
hoshi[5].
Je l'ai senti dès les premières secondes. Il y avait tant de feu en toi. "
Le jeune bassiste rougit du compliment
et tourna la tête, incapable de soutenir le regard ardent posé sur lui. Une
main douce lui caressa la joue.
" Je peux savoir pourquoi ?
Qu'est-ce qui t'a donné tant d'énergie ? "
Il posa sa main sur celle qui glissait
maintenant sur son cou pour aller sinuer sur sa poitrine nue et s'arrêter sur
son cœur.
" Dis-moi, hoshi…" souffla la
voix sensuelle à son oreille.
Il ferma les yeux et gémit quand des
lèvres chaudes explorèrent sa gorge, sa peau parcourue de mille frissons au
contact de la longue chevelure de feu qui balaya ses épaules et son cou.
" Toi… " croassa-t-il, déjà
palpitant de plaisir. " C'était seulement pour toi, Jun-chan…"
Le chanteur de Gosick se redressa sur un
coude et rit doucement, effleurant de ses doigts le corps superbe offert à ses
caresses. Il se pencha sur l'adorable visage :
" Je le savais, "
murmura-t-il, chatouillant de son souffle les lèvres entrouvertes qui laissèrent
échapper une faible plainte. " Mais je voulais que tu me le dises… "
Toshiya rouvrit les yeux, croisant un
regard empli de tendre malice… et d'un désir qu'il ne pouvait ignorer.
"
Jun-chan… "
"
Watashi no hoshi[6]… "
Junya glissa ses doigts dans la longue
crinière bleu nuit et se pencha un peu plus. Les paupières encore fardées de
noir du bassiste s'abaissèrent à nouveau et il se soumit au baiser, ouvrant la
bouche pour laisser le champ libre à la langue possessive de son amant. Dès leur
première rencontre, il avait été incapable de refuser quoi que ce soit au
séduisant chanteur qui l'avait surnommé son étoile.
Junya était si beau, si sûr de lui. Il
irradiait la grâce et la confiance. Et Toshiya se sentait si gauche en
comparaison…
Tout en explorant sa bouche avec
gourmandise, le chanteur bougeait lentement contre son corps, le contact de
leurs peaux nues accroissant leur désir mutuel.
Ils ne se séparèrent qu'à bout de
souffle. Junya enserra de ses mains fines le visage de Toshiya, plongeant son
regard artificiellement bleu dans les prunelles d'obsidienne :
" Aishiteru[7],
hoshi. N'oublie jamais ça. Je veux que tu ne penses qu'à moi, que tu ne joues
que pour moi, que tu ne respires, que tu n'existes que pour moi ! "
" Il n'y a que toi, Jun-chan,
" haleta le bassiste, tremblant de frustration alors que son amant
demeurait immobile. " Rien que toi et personne d'autre, jamais… "
" C'est bien… "
Le chanteur bougea à nouveau, si vite,
cette fois, que Toshiya n'eut pas le temps de réagir. Junya pesait sur lui de
tout son poids, insinuant ses hanches entre ses jambes. Il se cambra pour mieux
s'offrir, il ne pouvait plus attendre.
" Jun-chan… je t'en prie… "
Mais le chanteur, cruel, s'immobilisa
une nouvelle fois, laissant courir le bout de ses doigts, en une caresse à
peine perceptible, sur le ventre palpitant. Le bassiste ne put retenir un cri
rauque.
" Junya ! "
Une main se crispa sur sa hanche, les
ongles s'enfonçant dans sa chair. Surpris, il ouvrit les yeux. Son amant le
contemplait, une sombre et étrange expression sur son visage aux traits
d'ordinaire si purs.
" Jun-chan ? "
" Toutes ces filles… " Sa voix
n'avait jamais sonné aussi dure. " Ce soir, et les autres fois… C'est ton
nom qu'elles répétaient : 'Toshiya ! Toshiya ! Toshiya !'[8]
"
Le jeune homme frissonna à nouveau, mais
presque de crainte cette fois : Junya serait-il jaloux des fans qui préféraient
le bassiste au chanteur ?
" Je… je ne les écoute pas… "
balbutia-t-il en détournant les yeux.
" Et tu fais bien, hoshi. "
Junya sourit et se pencha sur lui,
posant sa main presque négligemment sur la gorge blanche et vulnérable.
" Tu sais que tu ne dois écouter
que ma voix, rien que ma voix. Ces filles sont stupides. Elles rêvent de
quelque chose qu'elles n'obtiendront jamais ! "
Toshiya sentit les mains du chanteur
glisser vivement le long de ses flancs, sur sa taille, s'arrêter sur ses
hanches qu'elles empoignèrent. Il se raidit.
" Parce que tu es à moi, hoshi !
"
Il se mordit les lèvres jusqu'au sang
pour ne pas crier quand Junya plongea en lui d'un seul brutal coup de reins.
" Tu m'appartiens ! "
***
TOKYO, 2001
" Bon sang, où est passé cet
imbécile ? J'avais dit vingt minutes ! Pas deux heures ! "
" Ne t'énerves
pas, Kao-kun, il va arriver. Il n'est jamais en retard, d'habitude. "
Assis au bord de la
table, Kyo balançait ses jambes dans le vide en jouant machinalement avec un
tournevis trouvé dans le fouillis entassé derrière lui. Il venait de passer le
dernier quart d'heure à étudier l'outil, fasciné par le jeu de la lumière à
travers le manche en plastique transparent orange.
" Ça me donne une
idée pour un clip… " marmonna-t-il en reposant l'objet avant de sauter de
la table pour se diriger vers le guitariste qui faisait les cent pas, comme un
lion en cage.
" Il a intérêt à
avoir une bonne excuse sinon il va le regretter ! " menaça le leader en
interrompant ses allées et venues à l'approche du chanteur. " Non mais
pour qui il se prend, ce petit con[9]
? "
Die, qui en était à sa
troisième tasse de café pour tenter de compenser le manque de tabac, releva
vivement la tête à ces mots, les yeux étincelants. Kyo jugea préférable de
répondre lui-même, pour éviter aux deux guitaristes de se heurter. Ça n'aurait pas
été la première fois : à chaque fois que Kaoru attaquait Toshiya en son
absence, Die prenait systématiquement la défense du bassiste.
" Lâche-le un
peu, Kaoru. "
Le leader sursauta et
foudroya du regard le petit chanteur qui broncha mais ne recula pas, trouvant
qu'il était temps de mettre certaines choses au point :
" Il serait
peut-être moins sur les nerfs si toi, tu n'étais pas tout le temps sur son dos.
C'est vrai : ça fait des mois que ça dure. Tu ne t'en rends peut-être pas
compte mais tu es plus dur avec lui qu'avec aucun autre d'entre nous. "
Il se tut, laissant à
Kaoru une chance de s'expliquer mais le guitariste garda un silence furieux.
Kyo reprit donc, tandis que Die se levait du canapé pour s'approcher à son tour
:
" Qu'est-ce que
tu lui reproches ? Il t'a fait quelque chose ? Tu dois bien avoir une raison
pour te comporter comme ça. "
Les yeux du leader
étaient meurtriers mais le chanteur, sentant la rassurante présence de Die
derrière lui, ne lâcha pas prise :
" Mais enfin,
réponds, Kaoru ! Qu'est-ce que tu as contre Totchi ? Tu ne veux plus de lui
dans le groupe ? C'est pourtant toi qui as insisté pour qu'il vienne. "
Cette fois, le
guitariste réagit :
" Je n'ai jamais
dit que je ne voulais plus de lui ! C'est seulement que… "
Par-dessus la tête de
Kyo, il croisa le regard accusateur de Die et y lut clairement : " Nous
savons toi et moi quel est le problème. "
Il jugea plus prudent
de reculer :
" Il n'y a rien,
vraiment… Je ne me rendais vraiment pas compte que… que j'étais comme ça…
"
Kyo afficha une moue
dubitative :
" Mouais… Hé
bien, si tu n'as rien contre lui, en tout cas c'est bien imité ! On jurerait
que tu le hais ! Tout à l'heure, vous étiez sur le point de vous entre-tuer
pour une malheureuse corde cassée ! "
Kaoru tressaillit :
" Tu racontes
n'importe quoi ! " grogna-t-il, sentant la colère l'envahir à nouveau,
mais dirigée cette fois contre l'irritant chanteur.
Die fit un pas en
avant et posa sa main sur l'épaule de Kyo, autant pour lui indiquer de ne pas
aller trop loin que pour signifier à l'autre guitariste de se calmer. Il y eut
un silence tendu, que rompit une voix douce mais décidée :
" Sois honnête,
Kaoru. "
Ils se tournèrent tous vers Shinya qui
était demeuré jusqu'à présent silencieux, affairé sur son tom basse, dont il ne
parvenait pas à tendre la peau à sa convenance. Le batteur, pour une fois,
semblait vraiment concerné par la discussion en cours. Il fixa le leader, les
sourcils froncés, et reprit :
" Sois honnête envers nous, envers
Toshiya et envers toi-même : tu le détestes. Je ne veux pas en connaître la
raison, ce ne sont pas mes affaires, mais votre petite guéguerre devient
insupportable. Je pense que tu devrais mettre les choses au clair avec lui une
bonne fois pour toutes au lieu de passer ton temps à lui chercher des crosses.
"
" Mais je ne… " commença à
protester le guitariste. Shinya lui coupa la parole, pointant sur lui un index
effilé :
" Ne dis pas le contraire : tu
t'ingénies à lui mettre des bâtons dans les roues à tout bout de champ ! Tu
crois que je n'ai pas remarqué ton manège pour l'évincer des albums ? "
Kaoru rouvrit la bouche mais en vain. Le
batteur ne lui laissa aucune chance de placer un mot et poursuivit, implacable
:
" Tu as toujours une bonne raison
pour refuser ses musiques mais les faits sont là : il n'a signé qu'un titre[10]
dans Macabre, et dans Gauze, si je n'avais pas co-signé Raison
detre[11]
avec lui, il n'aurait même pas figuré comme compositeur[12].
Idem pour le nouvel album où tu as tenté d'opposer ton veto à tout ce qu'il
proposait ! Ça ne peut vraiment plus continuer comme ça, Kaoru, il y va de la
survie du groupe ! "
Le leader ne fut pas le seul à demeurer
bouche bée quand Shinya en eut fini de son réquisitoire. Kyo fixait le batteur,
les yeux écarquillés de stupéfaction. Quant à Die, son regard exprimait, outre
l'étonnement, une indicible admiration : c'était son Shinya qui parlait
ainsi, clouant sur place Kaoru à qui personne n'avait encore osé dire ses
quatre vérités !
Le benjamin de Dir en grey sembla
subitement réaliser ce qu'il venait de faire. Portant machinalement la main à
ses cheveux, comme à chaque fois qu'il était gêné[13],
il considéra à tour de rôle ses camarades : Kyo toujours estomaqué, Kaoru qui
semblait au bord de l'implosion et Die… Il se détourna en rougissant, perdant
pour une fois son masque d'indifférence glacée, et battit en retraite vers sa
batterie en marmonnant quelque chose qui ressemblait à une excuse.
Die se tourna alors vers le leader, ses
yeux bruns fulgurants semblant le mettre au défi de contredire le batteur.
Kaoru fit involontairement un pas en arrière, ce dont profita Kyo. Le petit
chanteur avait vite repris contenance après l'intervention de Shinya et se fit
une joie d'enfoncer une porte ouverte :
" C'est vrai, ça : tu es toujours
contre tout ce que propose Totchi ! C'est pas toi qui proclamais que, dans un
groupe, tout le monde doit participer ? "
Le guitariste lui lança un nouveau
regard rageur avant de gronder :
" Ça va, j'ai compris, vous êtes
tous contre moi ! OK, je ne lui dirai plus rien, à votre précieux bassiste ! Il
pourra faire tout le prochain album à lui tout seul, si ça lui chante, pour ce
que j'en ai à faire ! "
Il empoigna sa guitare, la débrancha,
éteignit l'ampli et se dirigea à grands pas vers la porte, attrapant son
blouson au passage :
" Faites ce que vous voulez, moi je
me casse ! Et n'essayez pas de me joindre, je ne serai pas chez moi ! "
" Mais, glapit Kyo, et la répet' de
demain ? "
" Vous vous passerez de moi !
" jeta hargneusement le leader en franchissant la porte qu'il claqua
violemment derrière lui.
Un ange passa avant que le chanteur
reprenne la parole, avec une de ces grimaces mi-figue mi-raisin dont il avait
le secret :
" Les mecs, je crois qu'on devrait
commencer à se chercher un nouveau guitariste… "
Die le considéra avec horreur :
" Kyo ! Tu n'es pas sérieux ?
"
Le blond lui adressa un de ces regards
qui faisaient sérieusement douter de son équilibre mental et lui tira la langue
:
" Tu paries ? "
Puis il éclata de rire, un rire clair et
argentin, presque enfantin, qui faisait qu'on lui pardonnait tout :
" Bien sûr que je plaisante, gros
bêta ! "
Sans attendre de réaction, il sautilla
vers le canapé où il avait jeté sa veste en arrivant, et annonça :
" Puisque la répétition est finie,
je vais aller me coucher, je suis crevé ! "
Et il disparut dans le couloir comme un
diable dans sa boîte. Die secoua la tête en soupirant :
" C'est à se demander s'il se rend
compte de la gravité de la situation… "
Il n'attendait pas de réponse de Shinya
et fut surpris d'en recevoir une :
" Bien sûr qu'il se rend compte. Il
joue au sale gosse uniquement pour cacher son inquiétude. C'est tellement plus
facile de se dissimuler sous un masque… "
Le guitariste et le batteur se
dévisagèrent un long moment. Shinya rougit à nouveau :
" Je… je vais rentrer, moi aussi…
"
Die tendit la main vers lui, comme pour
le supplier de ne pas partir, et bafouilla à son tour :
" Shi.. Shinya, est-ce que… tu
voudrais venir boire un verre avec moi ? "
Le jeune batteur eut un brusque sursaut
et quelque chose, comme une lueur d'affolement, passa dans son regard clair :
" Je.. heu, c'est gentil, Die,
mais… je… je ne peux pas… Je dois vraiment rentrer… "
" Un autre jour, alors ? " fit
le guitariste sans trop d'espoir.
" Oui, oui, c'est ça, un autre jour
! "
Shinya s'enfuit plutôt qu'il ne partit,
laissant Die seul avec ses angoisses : celui qu'il aimait s'intéresserait-il un
jour à lui ? Kaoru pouvait-il vraiment quitter le groupe, menaçant l'existence
même de Dir en grey ? Et où diable était passé Toshiya ?
***
Et voilà !! Je ne suis pas encore
arrivée là où je l'avais décidé… Bon, je devrais en avoir l'habitude, c'est
toujours comme ça… ^^
Et… ARGHEUUUHHHH !!!!!! J'y crois pas
!!!!! Mais comment j'ai pu écrire une chose pareille ????? Vous vous rendez
compte que j'ai écrit un lemon
???? Ou en tout cas ce qui, pour moi, s'en rapproche le plus #^///^# *Hitomi
rouge jusqu'aux oreilles, planquée sous son bureau* Kamisama !!! Je suis pas
près d'en revenir (Toshi-kun gomen ^^;;;)
J'ai honte…
En tout cas, j'y vais fort !! Amener mon
groupe préféré au bord de la rupture… ^^;;; Gasp, va falloir que j'arrange ça
très vite.
Mais pour l'instant, je vais faire comme
notre cher petit (^^;;) chanteur adoré : dodo !!!!!
RV au chapitre 3 !!!!
Hitomi, mon royaume pour une couette !
(27/09/01, 01H15)
[1] Single sorti le 12/04/01, une ballade merveilleuse, à se mettre à genoux devant. D'ailleurs, la première fois que je l'ai entendue, j'ai pleuré…
[2] Et ça lui allait très bien… Maintenant, il a les cheveux blonds et courts… Je lui en veux toujours un peu de les avoir coupé…
[3] Septembre 2000.
[4] Commencée après la sortie de l'album du même nom, la tournée fut très vite interrompue et repoussée de plusieurs semaines, à causes des problèmes de santé de Kyo. Elle a eu lieue de fin décembre 2000 à début mars 2001.
[5] Etoile.
[6] Mon étoile.
[7] Je t'aime.
[8] Authentique : il existe une vidéo de Gosick où le public hurle d'un bout à l'autre le nom de Toshiya, qui n'avait alors que 18/19 ans.
[9] J'ai honte du vocabulaire que j'emploie dans cette fic… mais d'après mon amie Makoto, qui a bien connu un groupe de hard-rock, les musiciens ont un langage… assez cru.
[10] Egnyris cimredopyh +) in injection. "seringue hypodermique" à l'envers, pour éviter la censure. Ce morceau plutôt violent parle de drogue. Dans ses textes, Kyo évoque toujours des sujets durs, violents, choquants, des faits divers qu'on passe sous silence, des tabous : drogue, avortement, mort, suicide, folie, etc. Même ses plus belles chansons d'amour, Ain't afraid to die ou akuro no oka, finissent mal…
[11] En français dans l'album.
[12] J'ai tiré parti du fait que, effectivement, peu de titres de Dir en grey sont signés Toshiya. Je n'en connais que 3. Shinya compose très peu, lui aussi. Mais ce qu'ils font est pourtant génial.
[13] C'est un vrai tic…