Titre : Starless Sky
Auteur : Hitomi
Sujet : Devinez !!! ^^
Genre : Pas la moindre
idée… ^^;;;
Disclaimer : J'veux
qu'ils soient à môaaaaaaaa !!!!!!
Spoiler : Si seulement
je pouvais spoiler, ça voudrait dire que je sais ce qui va se passer…or c'est
pas le cas… ç__ç
Résumé : Cinq ans plus
tôt, Toshiya a été abominablement trahi par Junya, son premier amour (mon pov'
bébé !!), raison pour laquelle il repousse Kaoru. Il se confie à Shinya (?),
qui lui fait également ses aveux : s'il fait semblant de ne pas s'intéresser à
Die, c'est qu'il s'estime indigne de lui… car il l'aurait trompé avec Kisaki,
l'ex de Kaoru (quelle salade !!!)
Déclaration de l'auteur
: Oooooouuuuiiiiinnnn !!!!! J'y pige que kouik !!!!
J'espère
sincèrement trouver une solution miracle au fil de l'écriture, parce que là, je
suis au bord du pétage de boulon.
Si
cette bande de zozos voulait se calmer, ça m'aiderait fortement. Tiens, y a que
mon petit Kyo qui est mignon avec moi
et ne me fait pas de misère ^^;;;
Enfin, Inch Allah ! (c'est pas japonais mais au point où j'en suis…)
~Hitomi~
(09/10/01)
par Hitomi
OSAKA, 1996.
L'adolescent aux longs
cheveux roux courait presque dans le couloir des coulisses. La majeure partie
des techniciens était déjà partie et il n'avait pas la moindre envie de se
retrouver enfermé. Il accéléra encore en jurant en silence. Idiot de Die qui
avait trouvé hautement spirituel de lui chiper son lait démaquillant pour le
cacher quelque part dans la loge. Il avait fait semblant de ne pas s'en
préoccuper, se contentant de hausser les épaules, et il était parti… pour
revenir en catimini un peu plus tard, bien décidé à récupérer son bien.
Bakamono
! Die, anata wa bakamono desu[1] !
Mais en se répétant ces mots, sa colère s'évanouit et il sourit,
rêveur. Die…Rien que songer au grand guitariste faisait battre plus vite
son cœur de dix-huit ans.
Il avait presque atteint son but
lorsqu'il capta des éclats de voix. Il y avait encore quelqu'un dans la loge.
Deux personnes au moins. En approchant, il reconnut les voix : Kaoru et Kisaki.
Ils se querellaient. Encore…
Aucun des trois autres
membres de La:Sadie's n'ignorait la liaison du guitariste et du bassiste. Une
liaison aussi orageuse que passionnée, où violentes disputes alternaient avec
réconciliations théâtrales. Or, ces deux-là étaient trop calmes depuis quelques
semaines. Ça ne pouvait pas durer, et Kyo et Die pariaient déjà sur la date du
prochain séisme.
C'est Kyo qui a
gagné, songea distraitement le jeune batteur qui n'eut même pas à tendre
l'oreille pour tout entendre, la porte étant restée à moitié ouverte.
" Tu me prends pour
un imbécile ? " La voix rageuse de Kaoru, hors de lui. " Je ne suis
pas aveugle ! J'ai vu comment tu tournes autour de cette fille ! "
La réponse de Kisaki,
plus douce, presque plaintive :
" Oh, koibito[2]…
comment tu peux croire que… ? "
" Je te connais !
La première idiote venue te fait les yeux doux et tu ne peux pas résister !
C'est à chaque fois la même chose ! "
" Mais tu sais
bien que ce n'est pas vrai ! Ces filles, c'est juste pour la galerie, pour
donner le change ! "
" Tais-toi ! Je
ne veux plus entendre tes excuses bidons ! J'en ai vraiment marre de toi et de
tes mensonges ! "
Un objet lourd
s'écrasa près de la porte, faisant sursauter Shinya.
Et ça fait six mois
que ça dure…
" Ne dis pas ça,
koibito ! " Le bassiste semblait maintenant au bord des larmes. " Tu
sais que je t'aime ! Tu es le seul qui compte pour moi ! "
" Ah ouais ?
" C'était presque un hurlement. " Et c'est pour me le prouver que tu
rentres à trois heures du matin en empestant le parfum, avec une note d'hôtel
dans la poche ? A qui tu comptes donner le change ? "
" Mais, koibito…
"
" Ça suffit !
"
Un claquement sec,
aussitôt suivi d'un cri et du bruit d'un corps qui s'effondre.
" J'en ai
par-dessus la tête ! Je ne veux plus te voir ! C'est la dernière fois que tu te
fous de moi ! Tu entends ? Je te vire ! Je ne veux plus de toi chez moi !
"
Entre les
vociférations du guitariste, le batteur pouvait entendre les sanglots de
Kisaki. Il se mordit la lèvre inférieure : cette fois, ça semblait plus grave
que d'habitude. Kaoru était certes jaloux et emporté, et le bassiste ne faisait
rien pour éviter les scènes, mais de là à en venir aux coups…
" Kaoru, non ! Je
n'ai nulle part où aller ! Qu'est-ce que je vais devenir ? "
" C'est ton
problème ! Il fallait y penser avant ! " Un court silence, puis un
ricanement : " Tu n'as qu'à appeler cette chère Midori, je suis sûr
qu'elle sera ravie de t'accueillir ! "
" Koibito ! Ne fais pas ça ! Je
t'en supplie, ne me chasse pas ! "
" Ah ! Arrête de
pleurnicher, tu me dégoûtes ! "
La porte de la loge
s'ouvrit violemment, livrant passage à un Kaoru fulminant. Shinya recula
vivement, se plaquant au mur. Le guitariste le vit et s'immobilisa, le
foudroyant du regard :
" Qu'est-ce que
tu fais là, toi ? " aboya-t-il. " Tu m'espionnes ? "
" Je… j'ai oublié
quelque chose… "
Kaoru se contenta de
hausser les épaules avec un reniflement méprisant et partit à grands pas. Le
batteur attendit qu'il ait disparu au détour du couloir pour se glisser dans la
loge, inquiet pour Kisaki. Il était à demi étendu sur le sol, appuyé sur une
main, secoué de sanglots, cachant son visage dans son autre main.
" Kisaki ? Ça va
? "
Il releva vivement la
tête, surpris. Ses joues étaient baignées de larmes, la gauche portant
l'empreinte nette des doigts du guitariste.
" Shin-chan…
" Il se détourna, baissant à nouveau la tête, ses longs cheveux
blonds-roux dissimulant son visage. " Laisse-moi… "
Shinya hésita. Il n'avait jamais été
très proche de Kisaki, sauf pour la musique,
et ne le considérait pas vraiment comme un ami. Mais il y avait tant de
désespoir dans sa voix. Il ne pouvait pas le laisser comme ça. Il s'accroupit
près de lui et lui secoua doucement l'épaule.
" Kisaki, tu ne peux pas rester là.
Presque tout le monde est parti et on risque de se faire enfermer. "
" Alors, va-t-en, ne t'occupes pas
de moi… " Le bassiste se remit à pleurer. " Il m'a quitté… plus rien
n'a d'importance… "
" Allons, ce n'est pas la première
fois. " Le batteur s'efforça de prendre le ton de la plaisanterie. "
Il va te faire la tête un jour ou deux, et vous allez vous réconcilier et vivre
une nouvelle lune de miel… jusqu'à ta prochaine incartade. "
Kisaki sursauta et le
fixa, une étincelle de colère dans ses yeux débordants de larmes :
" Tu insinues que
c'est de ma faute ? "
" Pas plus que
les autres fois, ne ? " Shinya se redressa et tendit la main. "
Allez, debout, et sortons d'ici. Ça va s'arranger, tu verras. Il t'aime : il
reviendra. "
Le bassiste hésita un
long moment avant d'accepter la main offerte et de se relever. Puis il se
dirigea vers la coiffeuse où était posée sa mallette de maquillage d'où il tira
une boite de mouchoirs en papier. Tout en s'essuyant les yeux, il s'examina
dans le grand miroir encadré d'ampoules et fit la grimace : sa joue meurtrie
enflait déjà.
" Il ne m'avait
jamais frappé, avant… " murmura-t-il avant de se tourner vers le jeune
batteur : " Tu crois vraiment qu'il me pardonnera, cette fois ? "
" Bien sûr !
" assura Shinya en espérant exprimer assez de conviction dans son ton.
" Il te pardonne toujours. Il est fou de toi, c'est pour ça qu'il est si
jaloux. "
Kisaki sembla méditer ces paroles quelques
instants.
" Je sais, "
fit-il enfin. " Et je m'en veux de lui faire du mal. Je l'aime, tu sais,
je ne peux pas vivre sans lui… mais je ne peux pas non plus me passer des
filles. C'est plus fort que moi… "
Il se laissa tomber
dans le fauteuil de toile, les coudes sur la tablette, et se prit la tête entre
ses mains. Aux mouvements convulsifs de ses épaules, l'adolescent comprit qu'il
pleurait à nouveau. Cette fois, il ne savait plus quoi faire. Désemparé, il
parcourut la loge du regard… et ne put retenir un sourire : le flacon de
démaquillant trônait, bien en vue, sur la coiffeuse qu'il avait occupé ce
soir-là.
Die, baka yaro[3]…
" Vous êtes
encore là ? "
Les deux garçons
sursautèrent simultanément et se retournèrent : un des employés de la salle de
spectacle se tenait à la porte.
" Vous êtes les
derniers, " reprit l'homme qui brandissait un gros trousseau de clés.
" Il faut que vous partiez, que je puisse fermer. "
Kisaki hocha la tête,
se leva en reniflant et rassembla rapidement ses affaires. Shinya récupéra son
démaquillant qu'il fourra dans son grand sac à bandoulière.
" Tu devrais te
changer, " fit-il au bassiste. " Tu ne peux pas sortir comme ça.
"
Kisaki portait
toujours son costume de scène, une longue robe de velours noir fendue sur la
jambe gauche et brodée d'arabesques d'argent. Il haussa les épaules.
" Pas le temps.
Tant pis… "
" Essuie-toi au
moins la figure : ton maquillage a coulé et tu t'es barbouillé d'eye-liner
partout. "
Un nouveau coup d'œil
au miroir lui confirma que le batteur avait raison : de longues stries noires à
demi essuyées maculaient ses joues. Il soupira et rouvrit sa mallette, à la
recherche du nécessaire.
" Vous en avez
encore pour longtemps, les filles ? " s'impatienta ironiquement le
concierge. Il en avait vu défiler des groupes de Visual Kei, tous plus
excentriques les uns que les autres, mais ne parvenait toujours pas à admettre
que des hommes se maquillent.
Shinya, mal à l'aise,
saisit son camarade par le bras :
" Viens. Je
t'arrangerai ça dehors. "
***
" Tu dois
me prendre pour un idiot, ne, Shin-chan ? Pleurer toutes les larmes de mon
corps pour ce type… Il est arrogant, autoritaire, borné, jaloux, brutal… Mais
je l'aime… "
Kisaki remplit à
nouveau son verre et contempla pensivement le liquide ambré, les reflets qui y
jouaient sous les spots colorés du bar, avant de reprendre :
" Je l'aime. Je
suis heureux avec lui, malgré mes bêtises… Et loin de lui… " Il exhala un
profond soupir. " Loin de lui je me sens une loque, je n'existe pas…
Ouais, je suis vraiment idiot… mais l'amour fait faire des choses stupides…
"
Le jeune batteur
écoutait en silence, hochant la tête de temps à autre. La voix du bassiste se
réduisait parfois à un bourdonnement avant de redevenir claire. Il avait chaud,
la tête lui tournait un peu et il sentait monter une intempestive envie de
rire. Il devait commencer à être ivre, se dit-il, mais il n'avait pas bu tant
que ça… Juste deux ou trois verres… A moins que ce soit cinq ou six ? Il
réfléchit un moment, pour conclure qu'il avait cessé de compter à quatre. Ou a
sept ?
" Je ne le fais
pas exprès, tu sais, " continuait Kisaki, à qui l'alcool semblait délier
la langue. " Je ne veux pas le rendre malheureux. En fait, je n'avais
jamais connu quelqu'un comme lui. Il est formidable. C'est la première fois que
je suis si bien avec quelqu'un, que j'ai vraiment envie de construire une
relation qui dure. Sans compter, " acheva-t-il avec une grimace
égrillarde, " qu'il est génial au lit. "
Puis il se mit à rire,
en voyant Shinya s'empourprer à ces derniers mots.
" Ça te choque,
bébé ? "
" Non, je… "
Le batteur eut un hoquet et dut se concentrer pour finir sa phrase. " …je
n'ai aucun problème avec ça… "
Il ne s'était jamais
senti gêné de savoir que Kisaki et Kaoru étaient amants, cela ne le choquait
pas plus que de voir Kyo avec sa petite amie. Il estimait que l'important était
d'être heureux, peu importe avec qui. En fait, il avait rougi car sa pensée
vagabonde s'était égarée sur un sentier qu'il s'efforçait d'ordinaire d'éviter.
" Et toi, Shin-chan
? " interrogea le bassiste à brûle-pourpoint. " Tu as déjà été
amoureux ? Je parie que non, tu es trop jeune… "
Shinya, écarlate,
piqua du nez dans son verre. Kamisama ! Pourquoi posait-il cette question ? Il
combattit de toutes ses forces émoussées par l'ivresse l'image qui s'imposait à
lui : la haute et mince silhouette d'un certain guitariste trop taquin aux
cheveux bruns-rouges…
Malgré son manque
d'expérience, il n'avait pas été sans remarquer certains regards, certains
sourires, des attitudes, des gestes pas seulement dictés par la simple amitié.
Pas à franchement parler des avances, mais des signaux très clairs. Et
auxquels… il avait très envie de répondre par l'affirmative…
Non, il n'avait aucun
problème avec la liaison de ses deux camarades… pour la bonne et simple raison
qu'il était lui aussi amoureux d'un autre garçon, s'avoua-t-il en fixant le
contenu de son verre.
Kisaki se leva,
vacillant sur ses jambes incertaines, sans voir les regards effarés ou
ironiques que les autres clients jetaient sur son étrange tenue :
" C'est gentil de
m'avoir écouté me lamenter sur mon triste sort, " fit-il d'une voix un peu
pâteuse en se raccrochant au bord de la table, " mais je crois que tu as
assez bu pour ce soir. C'est l'heure de coucher les bébés ! Allez, Shin-chan,
je te ramène chez toi… si tu veux bien me rappeler où c'est… "
***
TOKYO, 2001.
" Shin-chan, tu
n'es pas obligé de tout me raconter… "
" Maintenant que
j'ai commencé, autant aller jusqu'au bout… "
***
OSAKA, 1996.
Shinya n'avait pas la
moindre idée de la façon dont il avait regagné sa chambre… si toutefois c'était
bien sa chambre. Un détail sans importance, comparé à son principal problème :
la perte totale du sens de l'équilibre. Il n'eut bientôt qu'une solution pour
demeurer à la verticale dans une pièce qui s'obstinait à tourner comme une
toupie : se raccrocher au seul point d'ancrage à sa portée, Kisaki. Il se
pendit au cou du bassiste, qui connaissait les mêmes soucis de stabilité et
entoura de ses bras le jeune homme, autant pour l'empêcher de tomber que pour
éviter lui-même de s'écrouler.
" On est dans un
bel état… mais tu en tiens une plus sévère que moi… "
" Ça tourne,
Kisa-kun… " gémit le batteur.
" Manque
d'habitude… Mais si Kyo apprend que je t'ai fait boire, il me tue ! "
Le chanteur, qui
refusait de boire la moindre goutte d'alcool[4],
s'était toujours efforcé de protéger le benjamin de l'influence néfaste des
trois autres, qu'il qualifiait "d'ivrognes notoires".
" Kyo n'est pas
ma mère ! " grogna Shinya en fermant les yeux pour appuyer son front sur
l'épaule de Kisaki, espérant, mais en vain, mettre fin aux pirouettes de son
oreille interne. " Oooh ! J'ai mal au cœur… "
Le bassiste gloussa
sans répondre, concentré sur la tâche délicate de traverser la chambre en
remorquant son jeune compagnon, le tout sur ses deux pieds et sans avoir à
finir le parcours en rampant. Miraculeusement, il parvint jusqu'au lit. Il dut
alors secouer Shinya, qui s'était tout bonnement endormi sur son épaule.
" Shin-chan !
Réveille-toi ! Il faut te coucher. " Puis il éclata de rire en prenant
conscience de ce qu'il venait de dire. Il en perdit le peu d'équilibre qui lui
restait et ils tombèrent tous les deux sur le lit, le batteur se retrouvant
coincé sous Kisaki.
" Oouuf ! " Cela le réveilla
instantanément et il tenta de repousser le corps qui l'écrasait. "
Kisa-kun, tu m'étouffes ! "
Mais le bassiste ne
bougea pas. Il semblait soudain très sérieux en plongeant ses yeux bruns dans
ceux de Shinya qui sentit son cœur battre plus vite.
" Tu sais que tu
es très mignon, Shin-chan ? "
Le jeune batteur
rougit et tourna la tête.
" Ne dis pas
n'importe quoi… "
" Non, c'est
vrai, " insista Kisaki qui lissa doucement les longs cheveux de feu
derrière l'oreille de Shinya. " Tu es vraiment mignon. Même sans
maquillage, tu pourrais être une très jolie fille… "
" Tu es soûl…
" protesta l'adolescent en s'efforçant d'oublier son trouble pour le
repousser encore. " Et moi aussi je suis soûl. Il faut qu'on dorme… Tu
peux rester ici, si tu veux. "
Mais le bassiste
n'écoutait plus. Il se demandait comment il ne s'était pas aperçu plus tôt que
cette jeune et mince créature était incroyablement attirante.
" Shin-chan…
"
Effrayé par ce qu'il
lisait dans ses yeux, le batteur essaya encore de se dégager, appuyant des deux
mains sur la poitrine de Kisaki qui lui saisit les poignets, les clouant de
chaque côté de sa tête. Shinya se débattit en vain. En temps ordinaire, il
aurait été plus fort que le bassiste, pourtant plus âgé et plus lourd que lui.
Mais l'ivresse avait eu raison des ses forces. Réduit à l'impuissance, il
supplia :
" Lâche-moi…
"
" Shin-chan… sois gentil… "
Kisaki se pencha
lentement, cherchant sa bouche. Il voulut résister mais les lèvres du bassiste
sur les siennes étaient si douces et si exigeantes à la fois. Et cette étrange
chaleur qui l'envahissait… Avec un gémissement plaintif, il capitula, laissant
Kisaki prendre possession de sa bouche, l'explorer de sa langue experte. Il
ferma les yeux, perdu dans un tourbillon de sensations inconnues.
Non, c'est mal, je ne dois pas… Die…
C'est Die que j'aime… Oh, c'est si bon…
Ce ne fut qu'un faible
sursaut de lucidité. La voix de la raison était de bien peu de poids face à la
révélation de son premier baiser. Il ne voulait pas que cela cesse. Die,
Kisaki… les deux se confondaient dans son esprit embrumé par l'alcool et il ne
savait plus trop qui l'embrassait. Il noua ses bras autour du cou du bassiste,
sans réaliser que celui-ci l'avait lâché pour pouvoir caresser le corps frêle
qui se cambra sous ses mains. Le jeune batteur gémit encore, le serrant plus
fort.
Kisaki n'abandonna sa bouche qu'à bout
de souffle, pour parcourir de baisers enfiévrés son visage et son cou. Il
sentit battre follement sous ses lèvres une veine au creux de la gorge blanche.
Cela suffit à lui faire perdre la tête.
" Shin-chan… J'ai envie de toi…
"
Shinya ne parut pas avoir entendu. Il
demeurait les yeux clos, la bouche entrouverte, ses mains enfouies dans la
longue chevelure du bassiste. Il rejeta un peu la tête en arrière, pour laisser
plus de champ aux lèvres brûlantes qui embrasaient sa peau. Mais tout son corps
lui semblait également en feu, tendu dans l'attente de… il ne savait pas quoi,
juste qu'il mourrait s'il ne l'obtenait pas.
" Embrasse-moi encore… "
implora-t-il dans un souffle.
Kisaki ne se fit pas prier et s'empara
de la bouche offerte, tout en s'efforçant d'éliminer les obstacles les
séparant. D'une main un peu tremblante, il défit les boutons de la chemise du
batteur qui n'opposa aucune résistance : il chercha au contraire les fermoirs
de la robe de velours, en répondant au baiser avec fougue.
" Tu apprends vite, bébé… "
murmura le bassiste en venant à bout du dernier bouton.
Shinya sentit un long frisson le
parcourir quand les mains de Kisaki atteignirent enfin sa poitrine, ses doigts
traçant des sillons ignés sur sa peau, l'explorant en une lente et douce
torture. Il tira plus fort sur les agrafes récalcitrantes, manquant déchirer le
velours, et grogna de frustration de ne pouvoir toucher le bassiste qui comprit
et rit en s'écartant un peu, juste le temps de se débarrasser de l'encombrant
costume de scène. Il ne portait rien au-dessous, à part des collants de
dentelle noire et de hautes bottes à plate-forme.
" Tu es pressé, Shin-chan ? Mais
nous avons toute la nuit… "
Pour toute réponse, le batteur l'attira
à nouveau contre lui, se frottant à sa poitrine nue, ronronnant presque de
satisfaction. Kisaki sourit. Il pouvait sentir l'excitation grandissante du
garçon. Il avait lui-même beaucoup de mal à se retenir et décida d'abréger les
préliminaires. Laissant Shinya parcourir son torse de ses lèvres et de ses
mains encore malhabiles, il s'attaqua à la ceinture de son pantalon.
" Iya da[5]
! "
Le batteur se raidit, ouvrant ses yeux
troubles emplis de surprise et de crainte. Kisaki le rassura d'un baiser, sa
main caressant doucement son visage.
" Chut, bébé, n'aie pas peur… Je
sais, c'est la première fois… Tout ira bien, laisse-moi faire… "
Shinya se détendit sous ses caresses et
ne protesta plus quand le bassiste le débarrassa du reste de ses vêtements.
" Comme tu es beau… et ta peau est
si douce… "
L'adolescent avait la sensation d'avoir
été transporté dans un autre monde, une bulle de chaleur et de plaisirs
n'existant que pour lui et celui qu'il aimait. Il en avait déjà rêvé, un peu
honteux de son attirance et ne sachant surtout pas comment lui faire
comprendre. Mais il n'y avait plus de place pour les doutes. Il était dans ses
bras, son amour était partagé, et il était enfin heureux.
" Die… "
Un murmure à peine audible, que Kisaki
capta pourtant. Il comprit que le jeune batteur, dans sa semi-concience, le
prenait pour le guitariste. Il sourit encore : ainsi le petit en pinçait pour
la grande perche aux cheveux rouges ? Amusant…
" Oui, bébé… Oui, mon koibito…
"
Koibito ! Ce mot fut pour Shinya comme un seau
d'eau froide en pleine figure, le dégrisant instantanément. C'est comme ça
que… Il se figea, comme il réalisait brusquement : ce n'était pas Die !
Rouvrant les yeux, il se força à distinguer clairement le visage, au-dessus de
lui. Ces cheveux blonds-roux…
" Kisaki ! "
Les souvenirs de la soirée
lui revinrent : la rupture des deux amants, le bar, et ensuite… Terrifié
soudain, il voulut repousser l'autre homme. Mais il pesait sur lui, le
maintenant fermement d'une main tandis qu'il le forçait de l'autre à écarter
les jambes. Shinya tenta vainement de résister.
" Kisaki, non ! Je ne veux pas !
Laisse-moi ! "
" Trop tard pour dire non, bébé !
" rétorqua le bassiste, le souffle court. " N'aie pas peur. Tu vas
aimer ça, tu vas voir… "
Non… Pas avec lui… Je ne l'aime pas… et
il ne m'aime pas… Die… je veux que ce soit Die…
Des larmes de désespoir et d'impuissance
roulèrent sur les joues du jeune batteur. C'était si injuste ! Sa première fois
appartenait à celui qu'il aimait, à Die, et Kisaki allait la lui voler. Il
allait lui prendre son innocence, souiller son premier amour… et le rendre
indigne de la confiance et de l'affection du guitariste.
" Non, je t'en prie, non ! Yamete[6]
! "
Le bassiste ne l'entendait plus. Son
visage était tendu, ses yeux réduits à de simples fentes comme ses mains immobilisaient
les hanches du garçon, avide de posséder ce corps vierge.
" Iya… "
Un poignard de souffrance transperça
Shinya qui ouvrit la bouche pour hurler, mais ce fut un nom qui s'échappa de
ses lèvres :
" DIE ! "
***
TOKYO, 2001.
" Shin-chan, Shin-chan, c'est fini,
calme-toi ! "
Toshiya resserra son étreinte, berçant
doucement le corps mince secoué de sanglots. Quelque part au cours de sa
douloureuse confession, Shinya s'était abattu sur son épaule et il se
retrouvait, un peu dérouté, à jouer les consolateurs. Hésitant, il leva la main
pour caresser les cheveux du batteur.
" Alors, c'était ça, hein ? Tu as
gardé ça pour toi pendant cinq ans, préférant passer pour un monstre insensible
pour que Die n'ait pas honte de toi… Tu as choisi de rester seul et d'être
malheureux, à cause de ça… "
Il le repoussa un peu, le tenant par les
épaules, pour le regarder dans les yeux :
" Pourquoi t'es-tu puni pour
quelque chose dont tu n'es pas responsable ? "
Shinya, stupéfait, en cessa de pleurer :
" Tu n'as pas compris ce que je
t'ai raconté ? J'ai couché avec Kisaki, j'ai trahi à la fois Die et Kaoru…
"
Le bassiste eut envie de le secouer
comme un prunier :
" Non ! Tu n'y es pour rien ! K'so,
tu étais ivre, sans défense. Il a profité de toi, Shinya, il t'a pratiquement
violé ! Tu n'es coupable de rien ! "
Le batteur devint blanc comme un linge.
Il détourna les yeux, et de nouvelles larmes s'échappèrent de ses paupières
gonflées.
" Tu te trompes, je suis coupable…
" Il hésita avant de reprendre, à voix si basse que Toshiya eut du mal à
entendre : " Je ne t'ai pas tout dit… Il n'y a pas eu qu'une seule fois…
"
Le bassiste le lâcha et le considéra
avec surprise :
" Ah ? " fit-il seulement.
" Personne n'a su que je l'ai
hébergé, " reprit son camarade sans le regarder. " Ça a duré deux
semaines. Il dormait avec moi et… et presque toutes les nuits, nous… " Il
ne put finir.
" Tu étais d'accord, ou il t'y
obligeait ? "
" Au début, je ne voulais pas… mais
il insistait tellement… alors… "
" Tu cédais pour en finir plus
vite, ne ? "
Cette fois, Shinya retrouva des couleurs
et devint écarlate :
" Hai[7]…
"
" Et ensuite ? "
" Kaoru et lui se sont réconciliés
et ils se sont remis ensemble… Kisaki… Kisaki voulait continuer, mais j'ai
refusé… Je ne pouvais plus… J'avais tellement peur que quelqu'un s'en
aperçoive… et je ne l'aimais pas ! Et Die qui continuait à me sourire sans se
douter de rien, qui me prenait pour un saint ! "
Il enfouit son visage dans ses mains :
" Oh, Toshiya, j'ai tellement honte
! "
" Il ne faut pas, Shin-chan, ce
n'est pas ta faute… "
Le bassiste le reprit dans ses bras, le
serrant fort. Le batteur commença par résister avant de se laisser à nouveau
aller sur son épaule.
" Tu n'as rien à te reprocher,
crois-moi, rien du tout. Kisaki s'est servi de toi, pour passer le temps en
attendant que Kaoru lui pardonne. C'est tombé sur toi mais ça aurait aussi bien
pu être Die, ou Kyo. "
Bon sang, c'est surréaliste… C'est à moi
qu'il se confie et je dois jouer au courrier du cœur, moi qui suis censé
coucher avec tout ce qui bouge… J'ai même couché avec Die, et tout à l'heure,
on a bien failli…C'est une histoire de fous…
" Pour toi aussi, ça peut
s'arranger. Va voir Die, parle-lui. Ça fait si longtemps qu'il t'aime sans
espoir. Tu ne crois pas qu'il a le droit de savoir pourquoi ? "
Shinya secoua la tête, refusant encore
de se laisser convaincre :
" Je vais lui faire horreur… "
" Qu'est-ce que tu en sais ?
Ecoute-moi, Shin-chan, fais-le. Peut-être qu'il te rejettera, oui, mais
peut-être pas ? Je sais que moi, je comprendrais. Et Die n'est pas idiot.
"
" Mais … " protesta faiblement
le batteur.
" Fais-le ! " coupa Toshiya.
" Et s'il ne veut vraiment pas de toi, au moins tu seras fixé, au lieu de
vivre dans l'incertitude. "
Shinya renifla, à demi-convaincu. Il se
redressa et s'essuya les yeux du dos de sa main.
" Je crois que tu as raison… "
" Evidemment ! " Le bassiste
afficha un grand sourire plein d'autosuffisance. " J'ai toujours raison !
Tu ne le savais pas encore ? "
Le batteur consentit à sourire.
" Baka… " Puis il ajouta :
" Arigato[8]… Totchi.
"
" Pas de quoi. C'est aussi pour Die
que je le fais. "
Toshiya vit Shinya se raidir, et une
lueur s'allumer dans ses yeux.
" Die et toi… vous êtes… très
proches… "
Ah… il serait jaloux ? se dit-il, amusé, avant de répondre,
très sérieux :
" Oui. Die est mon meilleur ami. Je
peux dire qu'il est comme mon grand frère. Et sans lui, je serais peut-être
mort. Alors, je veux faire en sorte qu'il soit heureux, pour le remercier de
tout ce qu'il a fait pour moi. "
Le batteur s'en voulut aussitôt de ses
soupçons et rougit. Il courba le front :
" Toshiya, je… gomen pour tout à
l'heure… je me suis jeté à ton cou et… "
" Ce n'est rien, je comprends. Ça
fait longtemps… Et avec moi, ce n'est pas la même chose, ne ? "
De son index replié, le bassiste obligea
Shinya à relever la tête. Il se pencha et effleura doucement sa bouche. Plus
une caresse qu'un baiser, chaste et amicale.
" Tu ferais mieux de rentrer chez
toi, Shin-chan, " fit-il en s'écartant. " Après une bonne nuit de
sommeil, tu te sentiras mieux. Oublie tout ça, sauf une chose : il faut que tu
parles à Die très vite. Je veux vous voir heureux ensemble "
Le batteur s'empourpra à nouveau. Il
tenta de changer de sujet :
" Et toi ? Si Kaoru… "
" Chaque chose en son temps.
Occupe-toi de ton problème et je me consacrerai au mien. Et tout s'arrangera,
Shin-chan, je te le promets. "
Et au lieu de croire à mes propres
mensonges, je ferais mieux de suivre les conseils que je donne…
***
Aaargh !! Ça a recommencé !! J'ai encore
écrit un truc totalement immoral !! Mais c'est pas possible !! Pourquoi ils me
forcent à faire ça ? Et pourquoi je suis si ignoble avec ceux que j'aime le
plus ? ç__ç
En tout cas, je vous rassure tout de
suite, je sais maintenant comment ça va finir. J'ai eu une brutale
illumination, et j'ai tout compris !! OUF !!
Mais je n'en dirais pas plus ^^ Hé hé !!
Oyasumi
!
~Hitomi~
(16/10/01
- 00H50)