Titre : Starless Sky

Auteur : Hitomi

Sujet : Je dois plus avoir besoin de le dire, maintenant ^^

Genre : Choupi ^_^

Disclaimer : ç_________ç !

Spoiler : Alors, dans ce chapitre, [BIIIIP] va [BIIIIP] et [BIIIIP] devrait [BIIIIP] pendant que [BIIIIP] va [BIIIP BIIIIP BIIIIP BIIIIP]…

Résumé : Enfin !!!! Toshiya et Kaoru se sont réconciliés ! Quant à Die et Shinya, les choses suivent leur cours. Mais Totchi aimerait quelqu'un sans espoir de retour. Et pour Kyo… pas facile de savoir vraiment ce qu'il pense, celui-là…

Déclaration de l'auteur : J'ai soif ! C'est fou ce que ça assèche le gosier, d'écrire… Et j'ai mal à la tête. Mais ça, ça doit être à cause de la pluie…

Rigolez pas, vous verrez quand vous aurez mon âge ! ^^;;;

Je suis bien embêtée… Le chapitre 6 a été plus court que prévu, et je n'ai pas pu y mettre tout ce que je voulais…(comme d'habitude, mais bon, j'aime bien me plaindre ^^) En tout cas, je continue à me pencher sur le cas de Die et Shinya (qui sont trop kawai[1] ensemble ^^) avant de régler les problèmes sentimentaux de mon Totchi-mamour, sans oublier les deux autres... Quel boulot !!!

Oui, je sais, personne ne m'obligeait à écrire cette fic… ^^

~Hitomi~

(09/11/01)

 

 

 

Starless sky

 

par Hitomi

 

 

 

Chapitre 7

 

 

 

TOKYO, 2001

Kyo reposa sa tasse vide sur le tabouret servant de table devant le canapé, et fit claquer sa langue :

" Ne, maintenant qu'on a fêté à l'arabica le retour de Kao-kun, j'ai une envie folle d'une clope ! Qu'est-ce que vous en dites, les fumeurs ? "

Kaoru, assis à sa gauche, acquiesça, imité par Toshiya, à droite du chanteur.

" Die ? "

" Mm ? " Le guitariste ne détourna pas son regard fixé sur Shinya, assis près de lui sur une des chaises pliantes. Il n'avait manifestement pas écouté.

Le chanteur afficha un sourire matois :

" Die-kun, si tu pouvais arrêter deux secondes de baver en regardant Shinya comme si tu allais lui sauter dessus, tu pourrais peut-être participer au débat ? "

Die sursauta et lui adressa un regard ébahi. Le batteur, qui allait poser sa tasse, la renversa et piqua un fard, ne sachant plus où se mettre. Les deux autres étaient morts de rire.

" Heu… " bredouilla le brun. " Quel débat ? "

" Je te demandais, " reprit Kyo le plus sérieusement du monde, " si, pour le nouveau nom du groupe, tu préférais Trognon de Pomme ou Couche-culotte ? "

" Hein ? "

L'air totalement ahuri du pauvre guitariste était plus que le blond pouvait en supporter. Incapable de se contenir plus longtemps, il explosa de rire et s'effondra sur Toshiya qui s'essuyait les yeux en luttant désespérément pour se reprendre. Kaoru, de son côté, était plié en deux, chaque coup d'œil aux autres faisant redoubler son fou rire.

Die commença à comprendre qu'on se moquait de lui et fronça les sourcils, prêt à invectiver ses camarades, mais Shinya posa une main légère sur son bras :

" Laisse-les, ça ne vaut pas la peine de se fâcher. " Puis s'adressant au trio hilare : " Faites ce que vous voulez, mais pas ici. Je vous l'ai déjà dit : si je sens la moindre odeur de tabac dans cette pièce, je n'y mets plus les pieds ! "

Kyo cessa de se rouler sur les genoux du bassiste et se redressa, déjà boudeur :

" Ah, Shin-chan, tu n'es vraiment pas drôle ! Ça faisait longtemps qu'on n'avait plus eu l'occasion de rigoler ! Franchement, Die, je te plains : tu ne vas pas te marrer tous les jours, avec lui ! "

Shinya, estomaqué, en demeura bouche bée, et ce fut au tour du guitariste, malgré sa gêne, de prendre sa défense :

" Il a raison : pourquoi il serait obligé de respirer votre fumée ? "

Kaoru, enfin parvenu à reprendre son sérieux, fit la grimace :

" Aïe ! rien de plus moralisateur qu'un futur ex-fumeur ! "

Le chanteur pouffa dans ses mains, sur le point d'exploser à nouveau. Toshiya, lui, eut pitié de ses deux amis et se leva.

" Bon, ça suffit. On va faire comme d'habitude et aller fumer dehors. "

Kyo sauta sur ses pieds.

" C'est parti ! Qui m'aime me suive ! "

Le bassiste lui emboîta le pas alors qu'il se ruait vers la porte en oubliant de boiter. Kaoru prit le temps de vider sa tasse de café avant de les suivre.

 

***

 

" Bon débarras ! "

Die alla s'écrouler sur le canapé dès que la porte se fut refermée sur le leader, et étendit ses longs bras sur le dossier.

" Ils sont bien gentils, et je suis vraiment content que tout s'arrange, mais des fois, ils sont un peu lourds… Tu ne trouves pas, Shin-chan ? "

Le batteur hocha distraitement la tête. Maintenant que les autres étaient partis, il sentait son cœur battre à grands coups.

Die… je suis seul avec Die…

L'instant qu'il souhaitait et redoutait à la fois depuis si longtemps. Comme Toshiya un peu plus tôt, il allait devoir s'expliquer… Quitte ou double. Il pouvait tout perdre en quelques secondes. Ou tout gagner. Il serra l'une contre l'autre ses mains soudain moites et se leva lentement.

Le guitariste le regarda approcher, étonné. Pourquoi était-il soudain si pâle ? Avait-il peur ? Mais de quoi ?

De moi ? De… de ce qui se passe entre nous ?

Shinya vint s'asseoir près de lui, au bord du canapé, et en prenant garde de ne même pas le frôler. Die fit mine de se rapprocher mais le batteur l'en empêcha en levant la main.

" Daisuke[2], j'ai… j'ai quelque chose à te dire… "

Le ton de Shinya et l'emploi de son véritable prénom firent comprendre au guitariste que c'était très sérieux… et qu'il allait peut-être enfin savoir pourquoi ils avaient perdu cinq années.

" Shinya… "

" Je t'en prie, Die, écoute-moi… et ne m'interromps pas ou je n'aurais plus le courage de parler…  "

 

***

 

" K'so ! J'ai laissé mes clopes dans ma voiture ! "

" Tu en veux une ? "

Kaoru loucha sur le paquet de JPS[3] que lui proposait le chanteur :

" Merci mais je préfère les miennes. Je vais les chercher, je ne serai pas long."

Il dévala l'escalier quatre à quatre et s'éloigna rapidement vers le parking, laissant Toshiya et Kyo assis sur les marches.

Le bassiste considéra sa cigarette d'un œil critique :

" Die n'a peut-être pas tort, finalement. Je devrais arrêter[4]. C'est ce que me demandent beaucoup de fans qui s'inquiètent pour ma santé… "

" Je sais, " approuva le blond. " Moi aussi, je reçois des lettres où on me supplie d'arrêter de fumer. Mais je ne crois pas que je pourrais. Ça me rend nerveux rien que d'y penser. "

Toshiya sourit sans répondre. Il aspira une longue bouffée et s'amusa à essayer de faire un rond de fumée. Sans succès.

" Je n'y arrive jamais, " fit-il en matière d'excuse, avec une petite grimace contrite.

Cette fois, ce fut Kyo qui garda le silence quelques secondes avant de se pencher vers le bassiste installé une marche plus bas.

" Totchi ? "

" Nani[5] ? "

" Tu te sens mieux ? "

Toshiya leva la tête vers lui avant de répondre :

" Oui, beaucoup mieux. Je suis soulagé d'un grand poids. J'ai expliqué à Kaoru pourquoi… Enfin, il y a des choses que je n'ai vraiment pas pu lui dire parce que… c'est trop personnel, mais… Je crois qu'il a compris. Bref, il s'est excusé, je me suis excusé… et on a décidé de tirer un trait sur tout ça… "

Sauf que je ne sais pas si je pourrais oublier qu'il a essayé de m'étrangler…

Le chanteur hocha gravement la tête.

" C'est bien. "

" Merci de ton soutien, Kyo. " reprit le bassiste sans le regarder. " Vous avez tous été formidables, Die, Shinya et toi. Ça a été plutôt dur, cette semaine et, sans vous, je ne sais pas ce que… "

Sa voix dérailla un peu. Il toussota et reprit, en se forçant à la gaieté :

" Il faudra que je remercie les autres… et aussi ce brave nounours qui m'a été d'un grand secours, aujourd'hui… "

Kyo ne sourit pas. Il jeta sa cigarette et se laissa glisser sur la marche inférieure, contre Toshiya sous le bras duquel il glissa le sien.

" Je suis certain qu'Ichigo[6] a été ravi de te rendre service. " souffla-t-il.

" Qui ? "

Le bassiste, qui s'était raidi, le fixa avant de comprendre :

" Kyo ! Cet ours est à toi ? "

" Jamais de la vie ! " se défendit-il vivement, mais Toshiya ne fut pas dupe.

" Alors, pourquoi tu es tout rouge ? Et comment tu connais son nom, sinon ? "

" Ano… " Le blond chercha en vain une excuse, alors que le bassiste se penchait avec un rictus machiavélique, le menaçant de ses doigts recourbés.

" Kyo… "

" Non ! Totchi, non ! " Le petit chanteur leva vivement les mains pour se protéger, riant déjà. " Non, je t'en supplie, pas les chatouilles ! "

Mais Toshiya fondit sur lui, s'attaquant sans pitié à ses côtes. Kyo se tordit de rire, se débattant sans succès sous l'attaque du bassiste hilare.

" Yamete[7] ! Yamete ! J'avoue tout ! Le bleu de méthylène dans les beignets, c'était moi ! "

Cet aveu ne fit que redoubler l'ardeur de son assaillant :

" C'était toi ? Petite peste ! Tu ne perds rien pour attendre, mais ce n'est pas ce que je te demande ! Allez parle ! "

Les larmes aux yeux, le chanteur capitula :

" OK, OK, arrête, j'en peux plus ! "

Toshiya le lâcha et s'écarta. Kyo reprit laborieusement son souffle, en le foudroyant du regard.

" Sauvage ! Comment oses-tu t'en prendre à plus petit que toi ? "

Le bassiste ne se laissa pas impressionner.

" Quand le plus petit en question ne veut pas me dire ce que je veux savoir ! Accouche ! "

Le chanteur ne put s'empêcher de sourire. C'était si bon de voir Toshiya rire à nouveau. Impulsivement, il lui sauta au cou et l'embrassa sur les deux joues.

" Je suis tellement content, Totchi ! "

La réaction du bassiste le surprit : il se figea, soudain pâle, avant de le repousser brusquement.

" Ne fais pas ça ! "

" Pourquoi ? " fit Kyo interloqué. " Je suis juste heureux de te voir enfin rire. "

" Je… " hésita Toshiya puis se radoucit. " Sumimasen[8], je… j'ai juste été surpris. Je dois être encore un peu nerveux… "

" Je comprends. " Le blond fit sa grimace de sale gamin et se pencha pour souffler à l'oreille du bassiste : " Ichigo est à moi, oui. Je l'ai depuis que j'ai quatre ans, c'était un cadeau de Noël de ma grand-mère[9]. "

" Comment a-t-il atterri ici ? " s'étonna Toshiya. " Et pourquoi as-tu dit comme nous, que tu ne savais pas d'où il venait ? "

" Je l'ai amené en douce parce que… " Le chanteur rougit et baissa encore la voix : " …ma mère voulait le jeter avec d'autres vieilleries pour faire de la place… et Megumi n'en voulait pas à la maison… Je sais qu'il est vieux et moche mais… je n'ai pas pu me résoudre à le voir finir à la poubelle. Il faut comprendre ! " s'anima-t-il, cherchant à se justifier. " Je dormais avec lui, c'était mon confident, mon seul véritable ami. Je… " Il bafouilla, s'interrompit en baissant la tête puis reprit : " K'so[10], j'y tiens, quoi ! Mais j'avais trop peur que vous vous fichiez de moi, alors j'ai menti. "

Comme son interlocuteur gardait le silence, il releva la tête pour voir le bassiste le considérer gravement, sans sourire.

" Ça ne te fait pas rigoler, que Kyo le warumono[11] se préoccupe d'un vieux nounours en lambeaux ? "

" Non. " Toshiya secoua la tête. " Je comprends, et je trouve cela très touchant, au contraire. Moi aussi, j'ai une vieille peluche, dans ma chambre, dont je ne me séparerais pour rien au monde. A l'origine c'était un chat[12]. Maintenant, il ne ressemble plus à grand-chose… mais je l'aime. "

" Je me rappelle l'avoir aperçu, oui, quand on habitait ensemble[13]. "

Il se regardèrent quelques secondes en silence. Puis le bassiste reprit :

" Pourquoi tu l'as appelé Ichigo ? C'est bizarre, comme nom. "

Le chanteur haussa les épaules, un peu gêné :

" Quand je l'ai eu, il avait autour du cou un gros ruban blanc avec des fraises. Alors, je l'ai appelé comme ça ! " Il fit une nouvelle grimace : " Et maintenant que tu connais mon honteux secret, tu comprendras que je suis forcé de te tuer ! "

Toshiya sourit. Mais avant qu'il puisse répliquer, Kyo s'exclama :

" Tiens, revoilà Kaoru ! "

Comme il accueillait le guitariste comme s'il ne l'avait pas vu depuis des mois, le bassiste l'observa, d'un regard triste, en songeant à son geste imprévu.

Kyo… Tu ne dois pas m'embrasser, ni me toucher … Contrairement à ce que tu veux faire croire, tu es un ange de pureté. Et moi… je suis à peine digne des trottoirs de Shinjyuku[14]… Mon contact te souillerait…

Sa vue se brouilla, et il détourna la tête pour que les autres ne le voient pas.

Kyo… Je n'ai même pas le droit de poser les yeux sur toi… Je ne veux pas te salir…

Il se mordit la lèvre, pour ne pas hurler la douleur qui l'envahit soudain.

Kyo…

Cela avait commencé peu après qu'il ait intégré le groupe, quatre ans plus tôt.

 

***

 

OSAKA, 1997

Un son strident, répétitif, le tira d'un lourd sommeil. Il fourra sa tête sous son oreiller, dans le fallacieux espoir d'y échapper et de pouvoir se rendormir – la répétition s'était terminée très tard, les autres l'avaient ensuite entraîné en boîte, il avait bu, avait mal à la tête et était certain de n'avoir dormi que trente secondes – mais la sonnerie insistante ne cessa pas. Avec un grognement à la fois furieux et résigné, il se redressa dans son futon.

" Shimatta[15] ! "

Naviguant dans le flou dû à sa myopie[16] et aggravé par sa migraine, il chercha ses pantoufles, ne les trouva pas, renonça de même à mettre la main sur son yukata[17] et sortit de sa chambre, pieds nus, vêtu uniquement d'un caleçon[18].

" Kyo ! " appela-t-il en passant devant une autre porte. " Téléphone ! "

Comme il n'obtenait pas de réponse, il se mit à courir dans le couloir en direction du guéridon où trônait l'appareil, heurta du pied un objet qui traînait, trébucha, faillit tomber et conserva de justesse son équilibre.

" K'so ! "

Il décrocha alors que retentissait au moins la dixième sonnerie – le correspondant était du genre tenace – et trouva juste assez de souffle pour parler :

" Moshi moshi[19] ? "

" Ano… " La femme à l'autre bout du fil parut surprise de l'entendre. " Ce n'est pas Tooru-kun[20] ? "

Il hésita. A cet instant, il capta du bruit en provenance de la salle de bains. Pas étonnant que Kyo ne se soit pas manifesté : il était sous la douche.

" Heu, non… Je peux aller le chercher. Qui le demande ?

" Je suis sa mère. A qui ai-je l'honneur ? "

" Ah, gomen, Niimura-san. Je suis Toshiya, le nouveau bassiste du groupe. "

" Oh, oui, c'est vrai. Mon fils m'a parlé de vous. Enchantée de vous connaître. "

" Moi de même, madame. " Il passa sa main sur son front douloureux. " Heu, si vous voulez bien m'excuser, je vais prévenir Kyo. "

Il posa le combiné près de son socle et repartit en sens inverse dans le couloir, en repassant par sa chambre pour y prendre ses lunettes – il détestait les porter mais n'avait pas le temps de mettre ses lentilles – et alla frapper à la porte de la salle de bains, où régnait maintenant le silence.

" Kyo ? Hé, il y a ta… "

Il ne termina jamais sa phrase. La porte, qui était juste poussée, s'ouvrit sous sa main, et il demeura figé, le souffle coupé par la vision qui s'offrait à lui. Kyo lui tournait le dos, debout au centre de la petite pièce, occupé à sécher ses cheveux avec une serviette. Il était nu, des gouttelettes parsemant ça et là sa peau couleur de miel, comme des perles de cristal. Et il n'était peut-être pas très grand, constata le bassiste stupéfait, mais mince et musclé, admirablement proportionné, avec encore quelques adorables rondeurs un peu enfantines…

Bon sang… ce qu'il est… bien foutu ! Je n'avais jamais réalisé qu'il était si… si… bandant…

Le chanteur avait sursauté à la bruyante intrusion de son récent colocataire. Il se retourna, en nouant la serviette autour de ses hanches, ses longs cheveux bruns[21] humides retombant sur ses yeux.

" Il y a ma quoi ? " Il haussa un sourcil devant l'expression ébahie de Toshiya. " Tu en fais une tête ! Hé, Totchi, pourquoi tu restes la bouche ouverte ? "

" Je… " Le bassiste se secoua, s'arrachant difficilement à sa torpeur. " Gomen nasai, je… je n'ai pas encore les idées très claires et… "

Kamisama[22], mais qu'est ce qui me prend ! C'est Kyo, c'est mon ami, c'est le chanteur de mon groupe ! Je ne dois pas le regarder comme ça… Je ne dois plus jamais mélanger le sexe et le boulot, j'ai payé pour ne plus faire cette erreur…

" C'est la petite fête d'hier soir ? " Kyo se mit à rire en fouillant dans son tiroir de l'armoire de toilette, à la recherche d'un peigne. " Voilà ce que c'est de carburer à la bière ! Si tu te contentais de jus de fruit ou de coca, comme moi, tu aurais des lendemains un peu moins douloureux. "

" Heu… " Toshiya jugea préférable de se rabattre précipitamment sur l'armoire à pharmacie, avant que le chanteur se rende compte de son… trouble. " J'ai besoin d'aspirine... "

Puis il se frappa le front, s'occasionnant une grimace de douleur :

" Shimatta, j'oubliais ! Ta mère est au téléphone ! "

" K'so, tu pouvais pas le dire plus tôt ! "

Kyo se rua hors de la salle de bains. Toshiya l'entendit s'emparer du combiné :

" Moshi moshi ? Okaasan[23] ? "

Il referma vivement la porte et tira le verrou. Il appuya son front au panneau et ferma les yeux, haletant, au bord de la nausée, ses jambes flageolantes le soutenant à peine. Par tous les dieux, comment avait-il pu oser poser un regard concupiscent sur son ami ? Sur Kyo, qui était si gentil avec lui depuis son arrivée de Nagano, qui lui avait offert de l'héberger en attendant qu'il se trouve un appartement, qui faisait tout pour qu'il se sente à l'aise avec son nouveau groupe et dans cette ville étrangère… Kyo qui était en outre le seul dont le bassiste était certain qu'il ne s'intéressait qu'aux filles !

Je ne suis vraiment qu'un sale pervers… Pourvu qu'il ne se soit rendu compte de rien… S'il se doutait... il me jetterait sûrement dehors… et il me virerait du groupe… Et il aurait raison…

Il chancela jusqu'au lavabo et se passa la tête sous l'eau froide, pour se remettre les idée en place… et calmer cette indécente flambée de désir. Pas question de recommencer. Plus jamais d'histoire avec un de ses collègues. Jamais. La trahison de Junya l'en avait définitivement guéri.

Junya…

Le douloureux souvenir de son premier amour le transperça cruellement. Il se redressa lentement et ferma le robinet, indifférent à l'eau glacée qui dégoulinait de ses longs cheveux trempés, sur sa poitrine et son dos.

Non, pas Kyo… Pas lui ! Surtout pas lui !

 

TOKYO, 2001

Toshiya étouffa un soupir, tandis que Kyo et Kaoru continuaient à bavarder sans avoir conscience de sa détresse. Cela valait mieux. Il avait bien trop honte de ce qu'il avait osé éprouver pour le petit chanteur. Quant au leader, bien qu'ils aient fait la paix, il lui faudrait encore du temps pour être parfaitement à l'aise avec lui.

Tout cela par la faute de Junya…

Le trop beau chanteur de Gosick, grand, hautain, gothique jusqu'au bout de ses ongles noirs, charmeur en façade mais froid et calculateur, n'avait rien de commun avec Kyo, ce moqueur farfadet dont Toshiya avait appris en vivant avec lui qu'il cachait un cœur d'or et une immense sensibilité sous son masque de sale gosse insolent, menteur et provocateur.

En fait, Junya ressemblait plutôt à… à Kaoru.

Le bassiste en avait pris conscience alors que Dir en grey n'existait que depuis quelques semaines et qu'il ne savait déjà plus quelles excuses inventer pour échapper aux avances non déguisées du guitariste, dès qu'ils se retrouvaient seuls. Non qu'il ne le trouve pas séduisant, loin de là. En d'autres circonstances, il n'aurait peut-être pas dit non. Mais la blessure causée par Junya était encore trop vive, et le resterait longtemps. Et Die lui avait parlé de la liaison de Kaoru avec l'ancien bassiste, et comment le leader, rongé de jalousie, était devenu de plus en plus violent, comment les deux amants s'étaient entre-déchirés jusqu'à l'ultime et abominable scène qui avait signé l'arrêt de mort de La:Sadie's…

Et Toshiya ne se sentait pas prêt pour une relation avec qui que ce soit, encore moins avec son nouveau leader, et surtout pas dans ces conditions.

Junya, lui, n'avait jamais été violent. Non, il n'en avait pas besoin. Il était… insidieux, comme un lent poison, comme une drogue trop douce. Le jeune bassiste s'était sans méfiance laissé prendre à ce séduisant piège. Et avant qu'il sache ce qui lui arrivait, il était accro, obéissant au moindre désir de son amant, se pliant à tous ses caprices… même les plus abjects… Et le pire n'avait pas été de s'offrir aux deux autres pour le plus grand plaisir du chanteur…

Tout ça parce que je l'aimais… et que je croyais qu'il m'aimait… Je ne me laisserai plus jamais avoir… Plus personne n'aura un tel pouvoir sur moi.

Alors, autant pour fuir Kaoru que pour tenter d'effacer le souvenir de Junya, il s'était mis à agir en accord avec le personnage qui était le sien au sein du groupe : un séducteur, un dom Juan cynique et volage. Jamais il ne s'attachait à personne. Tous ces garçons et ces filles, il les prenait, et les jetait au bout de quelques jours. Il n'en tirait ni plaisir ni satisfaction, à peine un soulagement, comme s'il se…

Il rougit et baissa la tête. En fait, il n'avait plus rien à envier à Junya en matière de perversion. Et c'était bien pour cela qu'il n'avait absolument pas le droit de poser son regard impur sur Kyo, l'innocence incarnée.

Kyo… pourquoi tu n'avais pas fermé cette maudite porte ? Pourquoi ?

Il avait fait en sorte, au grand étonnement du chanteur, de se trouver très vite son propre logement, pour échapper à cette trop douce et cruelle tentation. S'il avait continué à vivre avec lui… Mieux valait s'éloigner, même si cela lui déchirait le cœur. Au moins son ami serait-il à l'abri de la souillure.

Je ne suis plus digne de connaître l'amour…

Au fil des mois, puis des années, il était tant bien que mal parvenu à réprimer ses sentiments, à étouffer ce désir malsain, honteux, que Kyo éveillait en lui. Il s'était concentré sur son affrontement avec Kaoru, préférant cette souffrance-là à l'autre. Mais il suffisait parfois d'un mot, d'un geste anodin pour que tout resurgisse. Et il se surprenait alors, avec l'une ou l'autre de ses conquêtes, à s'imaginer que c'était avec le trop adorable lutin blond qu'il faisait l'amour. Et il se dégoûtait encore un peu plus chaque fois.

Le pire, c'était quand Kyo venait jouer avec lui, sur scène[24]. C'était atroce.  Comment demeurer indifférent lorsque le chanteur se collait contre lui ? Comment ne pas savourer le chaud contact de son corps ? Mais il ne devait rien laisser transparaître. Il avait appris à rire, dans ces instants-là, à jouer le jeu du fan service… et il se demandait souvent comment Kyo ne l'avait jamais senti frissonner, de désir, de honte et de douleur…

Toshiya ralluma une autre cigarette, difficilement, en manquant lâcher son briquet tant ses mains tremblaient.

Ces derniers jours avaient été une torture à chaque seconde que le chanteur passait près de lui. Non seulement il s'était débattu dans les affres de la culpabilité, persuadé que Kaoru était parti à cause de lui, mais il lui avait fallu endurer la sollicitude, les attentions constantes de Kyo, en se maudissant d'y prendre tant de plaisir, en se renfermant encore plus sur lui-même pour ne pas lui crier d'arrêter, lui hurler qu'il devait au contraire le fuir comme la peste.

Enfin, maintenant, tout rentrait dans l'ordre, il allait pouvoir à nouveau se tenir à l'écart…

 

***

 

Il y eut un très long silence lorsque Shinya se tut. Les larmes, venues sans qu'il y prenne garde, coulaient silencieusement sur son visage. Sans rien dire, Die tira un mouchoir de sa poche et le lui tendit. Comme le batteur ne réagissait pas, il lui essuya doucement les joues.

Shinya détourna la tête et murmura d'une voix rauque :

" Tu as encore envie de me toucher, après tout ce que je viens de te dire ? "

Le guitariste demeura une seconde immobile. Puis, lentement, il se rapprocha du batteur et passa son bras autour de ses épaules. Shinya se figea en étouffant un sanglot. Die l'obligea à le regarder et sourit, tout en tamponnant ses yeux humides, où menaçaient de nouvelles larmes.

" Et pourquoi je ne voudrais plus te toucher ? J'en meurs d'envie, au contraire… à moins que toi, tu ne veuilles pas ? "

Seul un autre sanglot lui répondit. Il retint un soupir – il savait par expérience combien le batteur pouvait se montrer obstiné, même dans l'erreur – et referma ses bras sur lui, l'attirant contre sa poitrine. Shinya commença par résister, avant de se laisser aller sur son épaule et de l'étreindre à son tour.

" Pardon… pardon…" fut tout ce qu'il parvint à émettre.

Die lui caressa doucement les cheveux.

" Ne pleure pas, mon koi[25], ne pleure pas… Chuut, tout va bien maintenant… "

Il le berça un long moment, jusqu'à ce que cessent les frissons qui parcouraient le corps tendu comme un arc du jeune batteur.

" Voilà, c'est bien… Maintenant, regarde-moi. "

Il le repoussa légèrement et, de l'index, lui fit lever la tête. Il lui sourit encore :

" Je ne vois pas pourquoi je te pardonnerais, puisque tu n'as rien fait de mal. Au contraire, " ajouta-t-il en s'assombrissant, " c'est moi qui te dois des excuses… "

Shinya ouvrit la bouche, stupéfait :

" Nani[26] ? Toi ? Mais que… "

" J'aurais dû comprendre il y a longtemps que quelque chose n'allait pas… Je n'ai rien fait, et je suis stupidement resté là, à attendre… "

Il secoua la tête.

" Je n'ai pas su te protéger. Je te demande pardon. "

" Die… "

Il y eut un autre silence, encore plus long. Mais les mots étaient inutiles, leurs yeux suffirent à exprimer tout ce qu'ils ressentaient.

Cette fois, ce fut le guitariste qui caressa doucement la joue soyeuse de Shinya. Il se pencha lentement tandis que le batteur nouait ses bras autour de son cou.

" Shinya… "

" Ne dis rien… "

Shinya ferma les yeux quand la bouche de Die effleura la sienne, presque timidement. C'était le baiser dont il avait toujours rêvé, ce baiser d'amour sincère dont on parle dans les contes, et qui effaça en une fraction de seconde ses années de solitude et de désespoir. Il resserra son étreinte autour du cou de son compagnon, pour qu'il ne s'éloigne plus jamais. Il n'avait plus envie de pleurer : il savait que tant que Die serait à ses côtés, il n'en aurait plus besoin. Et il serait toujours là, il le sentait de toutes les fibres de son être.

Il gémit quand les lèvres du guitariste se firent plus exigeantes, et ouvrit la bouche, lui permettant volontiers d'approfondir le baiser. Ils mêlèrent leurs langues et leurs souffles, scellant l'union de deux âmes-soeurs. Leurs corps ne voulurent pas être en reste et se soudèrent l'un à l'autre, brûlants du même désir.

Ils n'eurent même pas conscience de basculer sur le canapé, juste que cela rendait les choses un peu plus faciles. Le batteur entoura de ses jambes les hanches de Die, collant son ventre au sien. Le guitariste grogna dans le baiser, tout en bataillant pour glisser ses mains sous le tee-shirt de Shinya qui se cambra pour lui donner meilleur accès.

La nécessité de respirer les contraignit à se séparer quelques secondes, juste le temps de reprendre leur souffle.

" Aishiteru[27], Die, " murmura le batteur, ses yeux clairs étincelants de passion.

" Je sais[28]… " répondit le brun avec un petit sourire triomphant.

Leurs bouches s'unirent à nouveaux, avides, voraces. Die continuait à caresser d'une main le dos de Shinya, tandis que l'autre s'aventurait nettement plus bas. Le batteur n'opposa pas la moindre résistance, trop occupé à remonter le sweater du guitariste pour mieux savourer le contact de sa peau sous ses paumes.

Die releva la tête un court instant, pour souffler : " Moi aussi je t'aime, mon Shin-chan… " avant de reprendre possession des lèvres tendres qui ne demandaient qu'à se rendre sans condition.

" Hé bé ! " fit alors une voix moqueuse bien connue. " Y en a qui ne s'embêtent pas ! "

 

***

 

A suivre…     

 

 

Ouf !!! Merci à l'intervenant (z'avez deviné qui c'est ? ^^) parce que j'ai bien cru perdre le contrôle de cette dernière scène… C'était plutôt du genre :

 

Hitomi : Roooh ! Die ! Shinya ! Z'avez pas honte ? O.o

    Hé ! pourriez vous arrêter quand je parle  !!!!!!! >_<

    Heu… quelqu'un a un seau d'eau ? ^^;;

    … #^///^#  *prend des notes*

"K"      : Hé, tu veux un coup de main ?

Hitomi : Veux bien, oui… ^^;;;

"K"     : Pas de lézard !!! ^___^

Hitomi : Arigato[29] ! *soulagement intense*

 

     Hum, bref… Nous voilà au bout du 7e chapitre de ce truc affligeant… Mon dieu, mon dieu, mon dieu, comment puis-je commettre une telle chose…?

J'ai honte…

     Et le pire, c'est que j'aime ça ^^;;;;;;

     Oyasumi minna [30] !

 

     ~Hitomi~

     (19/11/01 - 00H40)

    

     PS : Vu que c'est mon mamour, je ne m'excuserai pas pour l'atteinte à l'image de marque de Totchi-choupi ^^;; *imagine Toshiya en caleçon et lunettes, s'étouffe de rire… et fonce chercher une serpillière*

 

 

 



[1] Mignon.

[2] Daisuke est le vrai prénom de Die (se prononce Da-i-su-ké )

[3] Kyo fume aussi des Phillip Morris, Kaoru des Mild Seven Light.

[4] Ça, c'est un souhait personnel ^^ Mais il paraît qu'il a dernièrement réellement décidé d'arrêter. Tous les Dieux soient loués !

[5] Quoi.

[6] Fraise

[7] Arrête.

[8] Désolé.

[9] Tranche de vie d'Isa : en fait, c'est moi qui ait reçu un ours en peluche de mes grands-parents pour mon 4e Noël. Et je l'ai toujours, Zouzours, bien qu'il ne soit plus très frais ^^

[10] M…

[11] Méchant. Moi, je maintiens que Kyo est kawai !

[12] Private joke : le signe du zodiaque de Kyo est le chat, comme moi.

[13] Authentique : quand Toshiya est arrivé de Nagano (kidnappé par les autres, dit-il lui-même ^^), il n'avait pas trouvé de logement et a habité quelques temps chez Kyo, ce qui fait souvent le bonheur des auteuses de fics ^^

[14] Quartier… chaud de Tokyo.

[15] Flûte, zut, ou pire…

[16] Hélas oui, Toshiya est myope… Shinya aussi, d'ailleurs (mais lui porte des lentilles colorées grises, bleues ou mauves). (Et moi aussi je suis myope, mais tout le monde s'en fout ^^)

[17] Kimono léger d'intérieur.

[18] Gasp !

[19] Allô.

[20] Le véritable nom de Kyo est Niimura Tooru, mais comme il n'aime pas son prénom, il a pris le "Kyo" de sa ville natale, Kyôtô (ce qui fait que notre phénomène de scène s'appelle "capitale" ^^)

[21] Kyo n'était pas encore blond, à l'époque, et avait les cheveux très longs, comme tous les autres.

[22] Mon dieu, seigneur.

[23] Maman.

[24] Ça, ça y va le fan-service, dans les lives ! Et que je me frotte contre l'un, et que je lèche l'autre… et le public hurle… et en redemande…^^

[25] Mon chéri.

[26] Quoi, hein.

[27] Je t'aime.

[28] Private joke d'une vieille fan de Starwars.

[29] Merci.

[30] Bonne nuit à tous !