Titre : Starless Sky

Auteur : Hitomi

Sujet : Cinq mecs sensass !

Genre : Risque de lemon à la Hitomi… #^///^# *honte*

Disclaimer : Je n'ai aucun droits sur ce groupe (et sachez que je le regrette bien ^^), je ne compte pas gagner d'argent avec cette fic (et Dieu sait que j'en aurais pourtant besoin pour m'acheter mes DVD ^^;;;) et je vous jure que je fume pas la moquette avant d'écrire…

Spoiler : Toujours pas…

Résumé : Apparemment, ce serait pas encore top entre Die et Shinya. Et Totchi est revenu vivre avec Kyo qui ne supporte pas d'être seul, qu'est-ce qui va se passer ? Quant à Kaoru, on n'en sait pas plus…(Hé hé ! ^^)

Déclaration de l'auteur : C'est une Hitomi en pleine forme qui attaque ce nouveau chapitre ! Faut dire, quelle fan ne le serait pas après plus de cinq heures non-stop de matage-bavage sur les vidéos de Dir ? Raaah, les cuisses à mon Totchi-mamour !!!!!!!!* inonde le clavier*

J'ai pris plein de notes mentales en regardant tout ce petit monde, vous verrez à quoi ça va me servir dans la suite ^^

~Hitomi~

(09/12/01)

 

 

 

Starless sky

 

par Hitomi

 

 

 

Chapitre 10

 

 

 

TOKYO, 2001

Il pleuvait. Il semblait ne faire que pleuvoir depuis des jours. Décidément, le temps était bien morose, cet automne…

L'eau glacée tombait en un rideau argenté, ininterrompu, et d'une curieuse beauté. La nuit en devenait luisante, comme si tout était recouvert d'une mince pellicule de mercure. Les caniveaux débordaient sur la chaussée changée en éphémère cours d'eau, étouffant le passage des quelques automobiles empruntant encore cette rue tranquille.

Un réverbère à la lueur vacillante tachait de jaune une silhouette immobile, les mains dans les poches de son long manteau noir. Cela faisait des heures qu'il était là, indifférent à la pluie, insensible au froid. Son regard enfiévré ne quittait pas un point précis, une fenêtre obscure au second étage d'un petit immeuble. Et sur son visage qui semblait sculpté dans la pierre, depuis des heures l'eau du ciel se mélangeait à ses larmes.

Quand l'aube vint barbouiller de gris et de rose le ciel nocturne où les nuages s'effilochaient enfin, il tressaillit, sortant de sa torpeur. Frissonnant maintenant, il s'arracha à sa contemplation et fit demi-tour, pour retourner à sa solitude.

Gomen, mon amour, je dois partir… trois jours… dans trois jours, je serai là…

 

KOBE, 2001

C'est un Dir en grey exténué qui se retrouva dans le couloir de l'hôtel, la veille du live. Ce qui n'aurait dû être qu'un trajet de plus s'était rapidement changé en calvaire. Retards du train, incidents, pannes, petits ennuis en tout genre, pour finir sur la crevaison du minibus[1], – la "Loi de l'Emmerdement Maximum", selon Kyo[2] – tout semblait s'être ligué contre eux et, au lieu d'arriver en milieu d'après-midi, ils n'avaient pu rallier l'hôtel qu'à la nuit tombée, sans avoir dîné. Les cuisines étant fermées à cette heure, ils se seraient vus menacés de famine si leur manager n'était parvenu – lui seul était capable de tels tours de force quand le moral de ses protégés était en jeu – à se procurer des sandwiches. La mine des cinq jeunes gens s'était allongée à cette vue. Mais c'était mieux que rien.

" Bon ben moi je vais me coucher ! Oyasumi[3] ! "

Le chanteur, qui avait fait preuve toute la journée d'une humeur massacrante, se dirigea vers sa chambre en traînant un sac de voyage plus lourd que lui[4]. Déjà à moitié endormi, il se battit avec sa clé puis avec son sac qu'il parvint enfin à tirer à l'intérieur et referma sa porte. Pour la rouvrir trente secondes plus tard. Seule sa main apparut, pour accrocher à la poignée le panonceau Ne pas déranger. Puis la porte claqua à nouveau et on entendit tourner le verrou. On ne reverrait pas Kyo avant le lendemain matin.

Kaoru haussa les épaules, prit congé plus poliment que le blond de ses camarades et du manager, remonta d'un coup d'épaule la bandoulière de son sac et gagna lui aussi sa chambre. Il n'y resta que le temps de déposer ses bagages et ressortit en mordant dans ce qui restait de son sandwich.

" Je n'ai pas sommeil, " indiqua-t-il, ce qui n'étonna personne puisqu'il avait dormi durant presque tout le voyage. " J'ai dit au chauffeur du minibus de m'attendre : je vais aller voir la salle[5]. "

" A cette heure-ci ? " s'étonna Die. " Il n'y a plus personne. "

" Comme ça, je serai tranquille, " fit le leader en s'éloignant vers l'ascenseur.

"Attends, Kaoru-kun, je t'accompagne ! " s'exclama leur mère-poule attitrée, s'affolant comme à chaque fois qu'un de ses poussins s'éloignait du nid.

Les deux hommes partis, les trois autres s'entre-regardèrent.

" Kyo a raison, " soupira Toshiya. " Il ne nous reste qu'à aller nous coucher, sinon on sera pas frais, demain. Oyasumi, vous deux. "

" Oyasumi. "

Chargé de son propre barda, sacs et guitare[6], Die se dirigea vers sa porte après avoir adressé à Shinya un signe de tête et un clin d'œil discrets. Le batteur y répondit tout aussi discrètement et s'avança vers sa chambre, voisine de celle de Toshiya, juste en face de celles du leader et du chanteur.

Le bassiste, qui avait adressé à la porte de Kyo un long regard navré, introduisit sa clé dans la serrure. Shinya l'entendit étouffer un petit rire et le regarda avec curiosité.

" Tu crois qu'ils l'ont fait exprès ? " demanda Toshiya en désignant sa porte d'un signe de tête.

Le batteur considéra les chiffres dorés, sur le panneau, et pouffa à son tour :

" Sûrement. "

Puis il fit mine d'avoir des difficultés avec sa clé, pour laisser au bassiste le temps d'entrer chez lui. Dès que Toshiya eut disparu dans la chambre 304[7] – c'était la première fois qu'on la leur faisait, celle-là – il empoigna sa valise et son éternel immense fourre-tout, fit demi-tour et fila, le cœur battant à tout rompre, vers la chambre de Die. Il n'eut pas besoin de frapper : le guitariste, resté collé derrière la porte, lui ouvrit dès qu'il approcha.

" Viens vite ! "

Shinya n'hésita qu'à peine avant d'entrer.

 

***

 

La sonnerie retentit une fois, deux fois, trois fois… Il allait abandonner, découragé, lorsque :

" Moshi moshi[8]… "

Cette voix… cette voix qu'il aimait tant, qui lui manquait tant… Il sentit son cœur s'emballer. Il ne pouvait pas vivre sans le son de cette voix. Sans qu'il le réalise, son souffle devint rauque.

" Moshi moshi ? Qui est-ce ? " La voix, encore ensommeillée, s'étonnait, s'impatientait, avant de s'irriter. " C'est encore vous ? Je vous entends respirer. Ça vous excite de faire ça ? Vous pourriez pas balancer vos saloperies une bonne fois et qu'on en finisse ? "

Il ne répondit pas. C'était impossible. Jamais il n'était capable d'articuler une seule syllabe.

" Ecoutez ! " La voix était coléreuse, méprisante, mais, au moins, il l'entendait. " Je ne sais pas comment vous avez eu mon numéro, mais je vous préviens : si vous continuez à me harceler, j'avertis la police ! "

La communication fut coupée, ce fut comme si on lui tranchait à vif dans le cœur. Il contempla le téléphone muet. Ce silence… Il haïssait le silence.

Tu me manques… Tu me manques tellement… Je t'aime toujours… Reviens…

 

***

 

" Bon sang, je n'en pouvais plus ! "

Die plaqua Shinya contre la porte, dans sa hâte à s'emparer de sa bouche. Le batteur lâcha ses bagages, sa valise manquant de peu le pied du guitariste, et enfouit ses mains dans la crinière brune, répondant au baiser avec une égale impatience. Cet interminable voyage avait été une véritable torture. Presque une journée entière assis l'un près de l'autre, sans rien pouvoir faire que se tenir discrètement la main. Car, personne, à part les trois autres, ne savait qu'ils étaient ensemble, ni leur manager, ni aucun membre du staff. C'était cela le pire : devoir feindre la camaraderie alors qu'ils brûlaient du désir de se jeter dans les bras l'un de l'autre pour se dévorer de baisers.

Mais ils étaient enfin seuls, avec des heures de frustration à rattraper.

Et même des jours… et des années…

Shinya gémit quand la langue du guitariste plongea à la rencontre de la sienne, envahissant sa bouche. S'ensuivit un duel déjà familier, où il n'y avait jamais ni vainqueur ni vaincu. Die resserra son étreinte, grognant quand son compagnon lui tira les cheveux dans sa fougue. Puis le batteur haletant le repoussa un peu :

" Die ! Laisse-moi respirer ! Tu m'étouffes ! "

" Gomen[9], " s'excusa le brun sans le lâcher, avant de ravir encore ses lèvres. Shinya tenta de protester, mais y renonça très vite, préférant répondre à ce nouveau tendre défi. Et ce fut lui qui grogna, de dépit, quand Die releva la tête.

" Shin-chan ? "

Le batteur ouvrit les yeux, surpris par le ton de la voix du guitariste. Il semblait… timide ?

" Hai[10] ? "

" Tu… tu veux bien rester ? " Le regard brun était suppliant, à faire fondre une pierre. " Je voudrais… qu'on dorme encore ensemble, comme la nuit dernière… "

" Die-kun… " murmura-t-il, troublé par cette requête.

La veille, il avait dîné chez Die qui lui avait fait la surprise d'un repas en amoureux dans les règles de l'art, avec chandelles, champagne français et musique douce. La soirée s'était poursuivie devant la télévision, blottis l'un contre l'autre sur le divan, en finissant la bouteille. Shinya s'était endormi avant la fin du film. Quand il s'était réveillé un peu plus tard, toujours dans les bras du guitariste, celui-ci avait enfin osé lui demander de passer la nuit avec lui… en s'empressant de préciser qu'il ne voulait rien d'autre que dormir. Le batteur écarlate avait accepté. Die, également aussi rouge que l'étaient jadis ses cheveux[11], s'était alors levé du canapé et l'avait pris par la main pour le conduire dans sa chambre. Gauches comme deux collégiens à leur premier rendez-vous, ils s'étaient glissés tout habillés dans le futon. Il leur avait ensuite fallu plusieurs minutes pour oser bouger, et ils s'étaient décidés à la même seconde, manquant se heurter en se tournant l'un vers l'autre. C'est en riant nerveusement que le brun avait ouvert les bras à Shinya qui s'y était réfugié, les joues en feu. Puis ils s'étaient embrassés pour se souhaiter bonne nuit, et s'étaient endormis aussitôt, alors qu'ils étaient tous les deux persuadés de ne pas pouvoir fermer l'œil.

" Onegai[12] ? "

Le batteur plongea ses yeux clairs dans le doux regard de son amoureux. Même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu refuser.

" Hai, " souffla-t-il en souriant.

Le visage de Die s'illumina.

" Dô mo arigato[13], Shin-chan… Mais, " ajouta-t-il, mi malicieux, mi inquiet, " tu me promets de ne pas te sauver, comme ce matin ? "

Gêné, Shinya cacha son visage contre l'épaule du guitariste.

" Je… je devais rentrer pour préparer mes bagages… "

" Ce n'était pas urgent au point de renoncer au petit déjeuner… "

" Gomen nasai[14]… "

" Je te pardonne… " Die l'obligea à relever la tête, effleurant de son pouce les lèvres douces et un peu tremblantes, " à condition que tu restes… et pas seulement cette nuit, mais aussi toutes les autres. "

Cette fois, le batteur n'hésita pas :

" Hai. "

 

***

 

Une porte s'ouvrit, livrant passage à une silhouette vêtue de cuir noir. Le jeune homme demeura plusieurs secondes immobile, indécis, la main sur la poignée. Il pouvait encore renoncer. Il pouvait éviter d'avoir recours à cet expédient.

Un regard à la porte d'en face le décida.

A quoi bon ? Il n'est pas pour moi. Il ne le sera jamais…Alors…

En passant devant un des miroirs encadrés de bois doré et cernés d'appliques qui décoraient le couloir, il vérifia la perfection de son maquillage, la bonne ordonnance de ses mèches blondes, les plis du jabot de dentelle de sa chemise à demi ouverte sur sa poitrine. Autant offrir le meilleur de lui-même. C'était ce qu'ils attendaient. Mais il n'osa pas croiser son propre regard.

Dans l'ascenseur, il enfonça ses mains moites dans les poches de sa veste. Il avait envie de vomir.

Le hall d'entrée était désert. Seul le réceptionniste somnolait derrière son comptoir. Il ne lui accorda qu'un coup d'œil distrait en passant silencieusement devant lui. Puis un pâle sourire étira ses lèvres quand il atteignit les grandes portes vitrées. Comme il s'y attendait, un groupe d'une vingtaine de fans – il y avait toujours quelques petits malins qui parvenaient à dénicher l'adresse de leur hôtel – était installé sur le trottoir. Emmitouflés dans des couvertures et des sacs de couchage, ils allaient passer la nuit là, malgré le froid et la pluie, soutenus par le simple espoir d'apercevoir le groupe à sa sortie, le lendemain.

Il ressentit un bref élan de pitié : leur attente était inutile, ils ne sortaient jamais par l'entrée principale.

Puis son regard se durcit : personne n'obligeait ces baka[15] à rester là.

Les portes s'ouvrirent devant lui et il demeura bien en vue sous les lampes du perron. Il ne lui fallut pas longtemps pour être repéré. Quelques murmures excités et toutes les têtes se tournèrent vers lui. Toujours les mêmes regards brillants, les mêmes expressions : incrédulité, joie, émerveillement…

Il scruta les jeunes visages d'un œil prédateur. Il y avait une dizaine de filles, presque autant de garçons. Parfait. Il ne lui restait plus qu'à faire son choix.

 

***

 

" Iya da[16]… Iya da… " gémit-il, désespéré.

Il courait, la main tendue vers la forme sombre qui s'éloignait sans tourner la tête. Il faisait noir et il avait peur. Il savait que s'il s'arrêtait, les monstres se jetteraient sur lui. Alors il devait courir, courir encore. Vers la sécurité, vers la forme sombre. Mais celle-ci devenait de plus en plus lointaine, s'estompant dans la nuit. Il voulut accélérer mais quelque chose s'enroula autour de ses chevilles et le fit traîtreusement trébucher. Il tomba, tomba…

" Non ! NON ! "

Son propre cri le réveilla. Il ouvrit les yeux, encore pris dans les entrelacs de son cauchemar, sa poitrine se soulevant à un rythme précipité, son sang battant si fort à ses oreilles qu'il en était assourdi. Il lui fallut de longues minutes pour réaliser qu'il avait rêvé, qu'il était en sécurité dans sa chambre. Mais une chambre étrangère, inconnue, froide. Il se retourna dans son lit humide de sueur, sa couette entortillée autour de ses jambes, et enfouit son visage dans l'oreiller, luttant contre une brusque montée de larmes.

Pourquoi tu n'es pas là ?

Puis sa main rencontra un objet rassurant posé sur le lit. S'y agrippant comme un naufragé à une planche, il le serra contre lui. Et replongea dans un sommeil sans rêves.

 

***

 

Le pull-over à col V partit en vol plané à travers la pièce, rejoignant sur le tapis un vieux sweater gris, un long manteau, une parka à la capuche bordée de fourrure, une paire de fines bottines noires et des baskets fatiguées[17].

" Mmm, Die… "

Assis sur le lit, Shinya appuya sa nuque sur l'épaule nue de son compagnon. Les mains du guitariste, agenouillé derrière lui, glissèrent sur sa poitrine, s'attardant à peine sur les bourgeons sensibles qui durcirent sous ses doigts à travers le tissu, arrachant au batteur un nouveau gémissement sourd, descendirent sur le ventre plat et musclé, agrippèrent sa chemise pour la sortir de son pantalon.

Die se pencha et vint chatouiller de son souffle l'oreille de Shinya qui gloussa avant de se mordre la lèvre pour retenir un cri quand une langue chaude et humide s'insinua dans le délicat coquillage. Frissonnant de plaisir, il inclina un peu la tête sur le côté, s'offrant au guitariste qui lui mordillait maintenant le lobe, tout en défaisant lentement, un à un, les boutons de sa chemise.

Die le sentait trembler, un peu inquiet, se demandant si ce n'était pas de crainte. Il n'avait rien oublié de ce qu'il lui avait avoué, et craignait plus que tout lui remémorer sa première expérience.

Très lentement, presque imperceptiblement, il fit glisser la chemise blanche, dévoilant la douce courbe d'affolantes épaules d'ivoire. Dieu qu'il était beau ! Encore plus beau qu'il l'avait imaginé. Bien sûr, ce n'était pas la première fois qu'il le voyait torse nu[18]. Mais jamais dans ces conditions si… intimes. Osant à peine respirer, il traça de ses lèvres un chemin de baisers le long du cou de Shinya, jusqu'au tendre creux où il rejoignait son épaule.

Les mains du batteur se posèrent sur celles de son amant qui caressait maintenant la peau douce de son torse. Mais ce n'était pas pour le repousser, au contraire. Il voulait… en fait, il ne savait pas trop ce qu'il voulait. Si, il le savait, il l'avait toujours su. Il voulait Die. Il voulait être à lui et n'avait que trop longtemps hésité.

" Embrasse-moi, " murmura-t-il en se retournant, glissant ses bras autour du cou du guitariste qui obéit sans hésiter, se lançant dans une nouvelle exploration d'un Eldorado conquis d'avance, un bras autour de la taille de Shinya, l'autre main étreignant sa nuque comme pour l'empêcher de s'écarter, ce dont le jeune batteur n'avait nullement l'intention.

Perdu dans les délices de la bouche de son amant, Die ne réalisa pas tout de suite que celui-ci se laissait lentement aller en arrière. Et lorsqu'il s'en rendit compte, il décida de ne pas s'en préoccuper. De toute façon, il était trop tard, Shinya était maintenant étendu sur le lit, fermement arrimé des bras et des jambes à un guitariste trop heureux de se retrouver captif de si tendres chaînes.

Le baiser dura une éternité, chacun se délectant des gémissements de l'autre, leurs mains, semblant agir de leur propre chef, explorant leurs corps en feu. Dans un instant de lucidité, le brun songea que la situation était exactement la même qu'une semaine plus tôt, au local.

Seulement, cette fois, ce petit emmerdeur de Kyo ne viendra pas nous déranger…

Ce fut Shinya qui mit fin, tendrement, au baiser. Il entoura de ses mains fines le visage de Die, le fixant avec intensité.

" Je t'aime… Je ne veux plus jamais être séparé de toi. Comment ai-je pu être assez stupide pour… "

" Chut, " l'interrompit le guitariste. " Tout cela n'a plus aucune importance, maintenant. " Il lui caressa doucement la joue, écarta une mèche rousse qui lui retombait dans l'œil. " On est ensemble, toi et moi. C'est tout ce que je vois. "

Le batteur acquiesça gravement. Ses mains descendirent lentement sur le cou de Die, sur ses épaules, suivirent le contour des muscles de ses bras.

" Tu es beau, tu sais. Je t'ai toujours admiré. Et ton sourire… ton sourire me chavire le cœur… "

" Pas autant que le tien, mon koi[19]… "

Le guitariste s'appuya sur un coude, pour soulager son compagnon de son poids… et ne plus mettre en contact certaines zones sensibles de leur anatomie. La fièvre retombait un peu et il se sentit maladroit et indécis. Devait-il continuer ? Sa main sur la hanche de Shinya, il hésita. Il voulait le voir nu, contempler enfin ce corps dont il avait tant rêvé, le voir offert à ses caresses, à sa bouche avide, et, surtout, voir révélé un désir que le batteur ne pouvait plus nier. Une seule et dernière barrière l'en séparait encore : un pantalon de cuir[20]. Un infranchissable obstacle, sans doute, si Shinya ne voulait pas aller plus loin.

Je ne veux pas le brusquer, ni aller trop vite… mais j'ai tellement envie de lui…

Puis il sursauta : son amant ne se posait apparemment pas les mêmes questions, constata-t-il, éberlué, en sentant ses doigts défaire les boutons de son jean.

" Shin-chan ? "

Le batteur sourit, le regardant par en dessous entre ses cils, les joues roses.

" Tu n'as pas trop chaud, Die-kun ? Moi si… "

Les yeux bruns du guitariste trahirent encore quelques secondes sa stupéfaction avant de s'éclairer d'une lueur amusée :

" Tu as raison, " répondit-il avec sérieux. " Il fait vraiment très chaud, ici… "

Shinya, espèce de petit coquin…

Il ne fallut que quelques instants pour que les ultimes pièces de vêtements rejoignent le reste sur le sol. Die, qui s'était écarté, hésita à revenir contre son compagnon qui lui tendit les bras :

" Viens. J'ai un peu froid, maintenant, réchauffe-moi... "

Mais le guitariste secoua la tête et s'assit.

" Laisse-moi t'admirer d'abord… Je veux m'éblouir de toi, t'imprimer dans mes yeux, pour ne plus jamais voir autre chose. "

Le batteur rougit encore, gêné d'être ainsi totalement exposé au regard de son compagnon, mais aussi secrètement ravi de ce qu'il venait de dire.

" Tu es magnifique… " murmura le brun en laissant courir le bout de ses doigts le long du bras de Shinya jusqu'à son épaule, pour redescendre ensuite la ligne de son flanc.

" Tu n'es pas mal non plus… " sourit le jeune batteur, qui ne put s'empêcher de frissonner sous la légère caresse, surtout quand Die atteignit le creux de sa taille. Il ne put retenir une faible plainte :

" Die… "

" Quoi ? " souffla le guitariste qui effleurait maintenant sa hanche, continuait sa lente progression sur sa cuisse.

Shinya avait fermé les yeux. Il les rouvrit, soudain troubles, embrumés de désir.

" Je t'en prie, " gémit-il, " cesse de me torturer… "

" Tu n'aimes pas ? " s'inquiéta Die qui se demanda s'il n'était pas allé trop loin.

" Je veux autre chose ! "

Et avec une force et une détermination qui surprirent le guitariste, le batteur saisit sa main et la posa fermement sur son bas-ventre brûlant en le regardant dans les yeux, cette fois sans rougir.

Le brun eut l'impression que son cœur avait des ratés. Sa gorge se contracta et il eut du mal à avaler sa salive.

" Shin-chan, tu es sûr…? " émit-il enfin, d'une voix un peu étranglée. " On… on n'est pas obligés de… enfin, pas tout de suite… Je… "

Shinya lui posa un doigt sur la bouche, interrompant ses bredouillements. Son regard grave s'adoucit.

" Je suis sûr, saiai no[21], je n'ai jamais été aussi certain de quelque chose de toute ma vie. "

Sa main se glissa dans les cheveux de Die qu'il attira pour un long et profond baiser.

" Je t'ai fait attendre trop longtemps, " reprit-il quand ils se séparèrent. " Nous avons perdu tant de temps par ma faute… Je t'aime, Die, et j'ai envie de toi… "

Il noua ses bras autour du cou du guitariste qui l'étreignit en retour, éperdu de bonheur.

" Shin-chan, je t'aime tant, moi aussi ! "

Ils roulèrent sur le lit, jusqu'à ce que Shinya se retrouve étendu sur Die. Il eut un tendre sourire, qui fit s'évanouir les derniers doutes de son compagnon, et se pencha pour effleurer sa bouche avant de lui murmurer à l'oreille :

" S'il te plaît, Daisuke, fais-moi l'amour… "

 

***

 

A suivre...

 

 

GASP !

*Hitomi émerge de sa transe et lâche le clavier pour consulter la pendule*

Ben mince…ça fait déjà deux heures que je tape ?

*Relis les trois dernières pages… et pique un fard de compétition*

Ourg !!!! Mais c'est pas vrai ???? C'est pas possible, ils m'ont pas obligée à écrire des horreurs pareilles ????? Si ???? Argh ! *s'effondre sur son clavier*

Kamisama !!!!!! Ils ont remis ça !!!!! Bouuouuuouuuuhhhh !!! Mais pourquoi ils sont vilains avec moi ??? ç______ç

<Die & Shinya> Pour nous venger de tout ce que tu nous as fait subir dans les chapitres précédents ! Na ! *se regardent* …Et aussi parce qu'on en avait envie… #^^#

<Hitomi> … -_-

 

En plus, j'entends d'ici les cris de frustrations des lectrices, alors que je me suis laissée allée à mon vice caché : écrire des scènes où je ne dis pas qui est qui… ^__^ Alors, vous avez deviné de qui je parlais, dans les quatre scènes "anonymes" ? Hé hé, les paris sont ouverts… j'attends vos suggestions !

En attendant, oyasumi.

 

~Hitomi~

(14/12/01 - 00H30)

 

 

 

 

 

 



[1] Le célèbre minibus présent dans toutes les vidéos où ont les voit arriver aux salles de concert, et dans beaucoup de fics.

[2] En fait, c'est moi qui dit ça souvent, quand tout va mal…

[3] Bonne nuit.

[4] Autrement dit, le sac fait environ 50 kg… (Kyo ne fait que 45 kg pour 1m60, mais des plus harmonieusement répartis ^^)

[5] Ça, c'est tout Kaoru : boulot-boulot. C'est pour ça que les autres l'ont choisi comme leader.

[6] Die est le seul des deux guitaristes à jouer de la guitare sèche.

[7] Allusion à une superbe chanson de Dir, 304 gôjistu, hakushi no sakura (chambre 304, les fleurs de cerisier de la mort blanche, sur une musique de Die) racontant la mort d'un type dans une chambre d'hôpital, et qui veut reposer sous le cerisier en fleur qu'il voit de sa fenêtre. J'ai tenté de faire dans la subtilité, exprès, parce que souvent, dans les fics, dès que l'un se retrouve à l'hosto (et c'est souvent, comme dans TS), c'est comme par hasard la chambre 304… (pour info, ma petite persane, Sakura, a pour nom complet Hakushi no Sakura ^^)

[8] Allô.

[9] Désolé.

[10] Oui.

[11] Die a eu plusieurs années les cheveux rouges, ce qui lui va très bien. Ces derniers mois, il les a coupés (ouin) et était passé à un brun "classique". Sur la toute dernière photo, pour la sortie du nouveau single Embryo, le 19/12, il est revenu au rouge, à la grande joie des fans.

[12] Je t'en prie.

[13] Merci beaucoup.

[14] Désolé.

[15] Idiot, imbéciles.

[16] Non.

[17] Quand on connaît bien Die, très cool, et Shinya, plus classe, facile de savoir à qui est quoi ^^

[18] Personnellement, je trouve Shinya trop maigre (42kg pour 1m70, s'il maigrit, il perd un os). Beaucoup de fans inquiètes craignent qu'il ne soit anorexique. Non. Car il faut voir la puissance et la résistance dont il fait preuve en concert. Les 4 autres s'accordent pour dire que c'est le plus solide, physiquement et psychologiquement, du groupe, et que s'ils étaient perdus dans la neige, ce serait lui qui survivrait.

[19] Mon chéri.

[20] Sur toutes les photos, sans exception, où Shinya est "en civil", il a ce fameux pantalon de cuir. A croire qu'il n'a que celui-là… ^^

[21] Mon amour.