Titre : Starless
Sky
Auteur : Hitomi
Sujet : La vie
trépidante de cinq jeunes Japonais ^^
Genre : J'ose plus
rien dire…-_-
Disclaimer : Là non plus…
Spoiler : Et là j'ai
jamais rien dit ^^
Résumé : Après leur
rupture, Kyo a eu une crise de nerfs et Toshiya a disparu. Die décide mettre
Kyo au courant pour Junya. Kaoru a rendez-vous avec Junji. Et Toshiya s'est
réfugié chez un ami.
Déclaration de l'auteur : J'espère que ce chapitre va être moins dur à écrire que le
précédent… Je dois d'ailleurs remercier Annick : ton idée m'a fait drôlement
avancer, arigato !!!
Sinon,
l'intrusion des guest-stars a provoqué pas mal de réactions… Je vois donc que
j'ai eu raison de le faire ^_______^ (ignoble, jusqu'au bout ^^)
Maintenant,
reste plus qu'à souhaiter (Ste Rita, help !!) que Kyo parviendra à s'expliquer
avec Mamour, si jamais il le revoit…
~Hitomi~
(05/03/02)
par Hitomi
TOKYO, 2001
Le guitariste
s'éveilla en sentant son amant se glisser hors de ses bras. Il tenta vainement
de le retenir et ouvrit les yeux, battant des paupières, encore à moitié dans
son rêve :
"Où tu
vas ?" grommela-t-il en se redressant sur un coude. Il jeta un coup d'œil
encore vague au radioréveil : 3H15.
Shinya s'assit
au bord du futon et ramassa ses vêtements.
"Voir
comment va Kyo," répondit-il en enfilant son chandail.
Il allait se
lever pour mettre son pantalon quand son compagnon vint l'encercler de ses bras
:
"Il dort.
Et j'aimerais bien en faire autant avec toi. Reste là…"
"Non, je
préfère aller voir, je serais plus tranquille. Lâche-moi, s'il te plaît."
Le batteur
voulut repousser les mains du brun qui resserra son étreinte et se colla à son
dos :
"Mm,
Shin-chan, tu as vraiment envie de te lever au lieu de rester au chaud ?"
"Die, si
tu me laisses y aller, je n'en ai que pour une minute et je reviens me
coucher."
"Mais il
n'y a plus de raisons de s'inquiéter pour lui ! Maintenant qu'il a compris, il
s'est calmé et il dort du sommeil du juste, lui."
"Die, tu
me fais perdre du temps. Je devrais déjà être revenu."
Toujours
ronchonnant, le guitariste consentit à le lâcher :
"Pourquoi
tu t'habilles pour aller dans la pièce à côté ?"
"Comme tu
l'as toi-même souligné, il ne fait pas chaud."
Shinya se leva
et Die se rejeta sur le dos en soupirant à fendre l'âme, repoussant à dessein
l'édredon pour offrir à son amant une vue des plus tentantes.
"Dépêches-toi,
mon koi, tu me manques déjà..." Il laissa traîner sa phrase, la voix
pleine de promesses. Le batteur se contenta de sourire et sortit de la chambre
sans accorder un regard de plus à son compagnon qui s'empressa de se blottir à
nouveau sous l'édredon, frissonnant.
"Shin-chan,
tu n'as aucun sens de l'humour…"
***
Il ne
résistait pas. Toute envie de lutter l'avait quitté. Son esprit était
incroyablement calme, serein, sans révolte. Il avait accepté l'inéluctable.
La chute était
interminable…
Il lui
semblait qu'il glissait depuis des heures dans les ténèbres. Et il se demanda
quand il atteindrait le fond de l'abîme. S'il y avait un fond.
Peut-être
allait-il tomber ainsi pour l'éternité ? Sans plus peser, sans plus penser à
rien…
Tomber.
Lentement.
Rêver.
Toujours.
Oublier…
oublier… oublier…
"Non
!"
Un cri
traversa la nuit où il s'enfonçait. Une autre voix que la sienne. Il garda les
yeux fermés. A quoi bon…
Douleur. Chute
brutalement stoppée. Pourquoi ? Il ne ressentait plus rien…
Ses yeux
s'ouvrirent. Une main s'était refermée sur son bras. Une silhouette se
découpait sur l'obscurité. Des yeux brillants dans un indiscernable visage.
"Pourquoi
m'as-tu abandonné ? Je t'avais dit que tu ne pouvais pas me quitter
ainsi."
"Il le
faut… Je n'ai pas le choix…"
Il tenta de se
dégager. Il voulait continuer sa plongée dans le néant.
"Pourquoi
?"
"Je dois
le faire…"
Mais il sentit
quelque chose se briser en lui à cet instant. Le doute s'insinua, déchirant ses
certitudes et sa résignation. Pourquoi devait-il souffrir ? Et le faire
souffrir ? Il tendit son autre main, implorant son aide.
"C'est
trop tard…" murmura l'être en secouant tristement la tête. "Je n'ai
plus la force de te retenir."
"Non…
non…"
Les doigts
glissaient sur son poignet, millimètre par millimètre. Il supplia en vain :
"Retiens-moi….
Ne me laisse pas partir…"
"C'est
trop tard… "
Les doigts
s'ouvrirent brusquement. Il tomba comme une pierre.
"NON
!"
***
Jun se dégagea
avec précaution des bras du bassiste et s'assit lentement en repoussant ses
cheveux blonds qui retombaient sur ses yeux. Toshiya dormait d'un sommeil
agité, tressautant parfois et marmonnant des mots indistincts. Comme le
guitariste le regardait, il tourna la tête et son visage se crispa
douloureusement.
"Non…
non…" gémit-il avant de se retourner à nouveau. Il parla encore mais Jun
ne comprit pas ce qu'il disait.
Totchi, qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Il ne
parvenait pas encore à réaliser combien le bassiste avait changé depuis leur
brève mais tumultueuse liaison, trois ans plus tôt. Où était le séducteur
cynique, arrogant et dominateur qui avait usé de tous ses charmes pour
l'attirer dans son lit ? Il n'aurait jamais imaginé le voir si misérable, brisé,
presque aux abois. Que fuyait-il ? Ou qui fuyait-il ? Il s'était certainement
passé quelque chose de très grave avec son groupe pour que Shinya,
l'insensibilité incarnée, laisse deviner, rien qu'à sa voix, qu'il était mort
d'angoisse. Jun se remémora son coup de téléphone, deux heures avant l'arrivée
de Toshiya : "Surtout, si tu le
vois, rappelle-moi ! C'est très important ! Je suis chez Kyo, je te donne le
numéro. Tu peux appeler à n'importe quelle heure…"
Le guitariste
de Pierrot soupira. Le bassiste lui en voudrait certainement s'il appelait. Dès
son arrivée, il lui avait demandé de lui accorder l'hospitalité – l'asile,
songea Jun, en repensant à la façon dont il l'avait imploré – en insistant sur
le fait que personne ne devait le savoir. Donc,
les autres le cherchent et lui ne veut pas qu'ils le retrouvent… Qu'est-ce que
je dois faire ?
Il demeura un
long moment immobile dans la pénombre, songeur, à contempler son ancien amant
si subitement réapparu. Il n'aurait jamais pensé le revoir, et surtout pas dans
ces circonstances. Ils s'étaient déjà brièvement croisés, au hasard des
plateaux de télévisions, mais sans échanger plus qu'un salut, sans la moindre
allusion, le moindre regard équivoques. Jun savait que leur histoire était du
passé. Il aurait même parié que Toshiya l'avait totalement oublié. Il
connaissait sa réputation de dom Juan et se souvenait encore comment, quelques
jours après leur rupture, il l'avait vu, apparemment très amoureux, au bras
d'une jeune actrice… qui n'avait pas duré plus longtemps que lui, ni que les
autres. Comprenant qu'il n'avait été qu'une passade pour le volage bassiste, il
avait fini par classer leur aventure parmi ses plus beaux souvenirs, un peu
teinté d'amertume toutefois.
Et te revoilà, mon bel indifférent…Tu te réfugies chez
moi, et tu me supplies de te faire l'amour… et moi, comme un idiot, je te cède
encore…
Mais comment
résister à son regard de jais, à son sourire, à la lumineuse séduction de cet
être qui semblait avoir été crée pour l'amour ? Jun eut un pauvre sourire : il
aurait fallu être en pierre…
Un détail
toutefois, prouvait que Toshiya n'était pas lui-même : il lui avait accordé
cette nuit-là ce qu'il lui avait toujours refusé durant leur liaison : le
contrôle. Il me l'a même 'demandé' alors qu'il disait que jamais personne…
Il eut soudain
la certitude qu'il devait avertir ses camarades. Il allait quitter le lit quand
Toshiya eut un nouveau sursaut, tournant la tête de droite et de gauche en
crispant ses mains sur le drap comme s'il avait voulu le déchirer.
"Non,"
balbutia-t-il encore, "non !" Puis il sembla se détendre avant de se
retourner brusquement. Et dans la pale lueur du rayon de lune filtrant par les
rideaux entrouverts, le guitariste vit nettement des larmes briller sur ses joues.
Toshiya…
"NON
!" Cette fois ça n'avait pas été un gémissement mais un véritable cri de
terreur pure. Le bassiste se dressa, les yeux grands ouverts mais sans rien
voir, toujours plongé dans son cauchemar. Sans hésiter, Jun le prit dans ses
bras et le serra contre lui. Toshiya résista avant de se laisser aller sur son
épaule avec un sanglot étouffé. Et son compagnon distingua clairement :
"Ne me
laisse pas… je ne veux pas… Non, ne me laisse pas…"
Il le berça
alors doucement jusqu'à ce qu'il se calme. Sans se réveiller, le bassiste
glissa d'un mauvais rêve à un sommeil plus paisible. Le guitariste le fit se
rallonger, le recouvrit du drap et soupira, fixant le beau visage sillonné de
larmes.
Qu'est-ce qu'on t'a fait, mon pauvre ange ? Qui t'a fait
autant de mal ?
Cette fois, plus
de doutes, il devait prévenir les autres…
***
Shinya se
glissa silencieusement dans la chambre de Kyo, laissant la porte entrouverte.
Uniquement éclairé par un rayon de lumière venant du couloir, il alla jusqu'au
lit et s'immobilisa en souriant. Warumono,
ne ?
Le petit
chanteur dormait profondément, sa crinière blonde comme une pâle auréole autour
de sa tête, Ichigo serré dans ses bras.
Le batteur se
pencha et, presque malgré lui, tendit la main pour écarter doucement les mèches
retombant en désordre sur le visage de Kyo qui s'agita soudain et se tourna en
marmottant des paroles incohérentes. 'Trop
tard…' crut distinguer son ami qui craignit un instant qu'il fasse un
cauchemar. Mais la respiration du dormeur redevint aussitôt égale et il ne
bougea plus.
"Veille
bien sur lui," murmura Shinya à l'adresse de l'ourson dont les yeux ronds
luisaient dans l'obscurité… et il aurait pu jurer que le jouet lui souriait !
Oubliant que
Die l'attendait, il s'assit au bord du lit, pour contempler pensivement son
camarade. Peu importe ce qu'il prétend
être, il est vraiment mignon quand il dort…
"Shin-chan
?" Un chuchotement presque imperceptible le fit sursauter et il tourna la
tête pour découvrir son amant à la porte, enroulé dans l'édredon et les cheveux
ébouriffés. "Qu'est-ce que tu fais
? Tu dis une minute et ça en fait dix !"
"Je le
regardais dormir," souffla Shinya. "Et je me disais qu'il me tuerait
s'il savait à quoi je pense…" acheva-t-il en souriant.
"Et tu
penses à quoi ?" Le guitariste le rejoignit et demeura debout près de lui,
drapé dans sa toge improvisée.
"Qu'il
est vraiment adorable…" Le batteur changea d'expression : "Et que si
je tenais Toshiya, je lui dirais bien deux mots sur sa façon de le
traiter…"
"Moi
aussi," acquiesça le brun qui, malgré sa propension à défendre le
bassiste, avait fini par admettre qu'il avait exagéré. "Mais il faut
d'abord le retrouver…"
"Je prie
pour que nous ayons des nouvelles demain… et pour qu'il ne soit pas nécessaire
d'avertir la police. Je crois que tout le monde préférerait éviter les
explications embarrassantes…"
"Je vois
d'ici la tête d'Atsushi !" pouffa Die, malgré la gravité de la situation.
"Déjà qu'il a failli avoir une attaque quand il a su pour nous…"
"Tu étais
obligé de lui dire ?" reprocha doucement son compagnon.
"Il avait
déjà des doutes," rétorqua le guitariste. "Et il a bien fallu que je
lui explique pourquoi, étant censé avoir un appart, je me retrouvais subitement
à la rue, sans fric et avec juste ce que j'avais sur le dos…"
Shinya ne
trouva rien à répondre. C'était sa faute : si, dans le feu de leur querelle, il
n'avait pas dit à Die de partir…
"Tu ne
crois pas que ce serait mieux si on retournait discuter à côté ?" reprit
le brun qui préféra changer de sujet. "On va finir par le réveiller."
Il écarta un pan
de l'édredon, invitant le batteur à le rejoindre. Celui-ci ne se fit pas prier
et se glissa contre lui, entourant sa taille de son bras. Die rabattit
l'édredon sur lui et l'entraîna hors de la chambre, en jetant un ultime coup
d'œil à Kyo. La main du chanteur reposait près de son visage. Si proche qu'on
aurait dit qu'il allait sucer son pouce.
Bébé, va ! songea le guitariste attendri avant
d'ajouter : Toshiya no baka !
***
"Ka-chan
? Qu'est-ce que tu fais ?" Junji tendit le bras et alluma la lampe de chevet.
La faible ampoule éclaira la chambre d'un halo orangé, suffisant pour qu'il
puisque distinguer son amant en train de s'habiller. "Tu t'en vas ?"
Le guitariste
vint s'asseoir près de lui en finissant de boutonner sa chemise.
"Je t'ai
réveillé. Sumimasen." Il se pencha pour un rapide baiser et repoussa les
bras qui tentaient de se nouer autour de son cou. "Non, s'il te plaît. Il
faut que j'y aille. Je m'inquiète pour Kyo. Il n'allait vraiment pas bien, hier
soir."
"Tu ne
fais pas confiance à Die et Shinya ?" fit le bassiste d'un ton boudeur en
croisant les bras sur sa poitrine, faisant sourire Kaoru.
"Bien sur
que si ! Mais j'ai un peu mauvaise conscience d'être parti en leur laissant
tout sur les bras." Il passa ses doigts dans les longs cheveux noirs tombant
sur les épaules du bassiste, jouant distraitement avec une mèche. "Et ils
vont sûrement se dire que mon 'rendez-vous' dure un peu longtemps…"
"Ils
savent que c'est moi ?" questionna Junji en encerclant la taille de son
amant, se vautrant sur ses genoux et frottant son visage contre son estomac.
Le leader de
Dir en grey soupira et lui fit lever la tête :
"Oui, ils
le savent. Je leur ai parle de notre arrangement."
"Lequel
?" gloussa le bassiste en le regardant dans les yeux. "Celui où je
remplace Toshiya ? Ou celui où je t'aide à lutter contre ton stress ?"
"Baka…"
Kaoru caressa doucement sa joue, effleurant ses lèvres de son pouce. Il
connaissait cet éclat dans le regard sombre de son partenaire. Ils avaient fait
l'amour deux fois et pourtant il savait que Junji n'était pas encore rassasié.
Il hésita à le quitter, mais son inquiétude pour ses camarades surpassa son
désir. "Il faut que j'y aille," répéta-t-il. Mais le bassiste
s'accrocha à lui :
"Il faut
vraiment que tu partes ? Déjà ?" Il jeta un coup d'œil au réveil. "Il
n'est que trois heures et demi. Pourquoi tu ne reste pas encore un peu ?"
lui ronronna-t-il à l'oreille, d'un ton ne laissant aucune équivoque sur ses
intentions.
Le guitariste
secoua la tête en riant.
"Parce
que je te connais ! Je devine quelles pensées s'agitent dans cette jolie
tête." Il détacha les bras arrimés à sa taille et, tenant Junji par les
poignets, le renversa sur le lit. "Je sais ce que tu mijotes, mon tout
beau."
"Ah
?" demanda innocemment le bassiste sans chercher à résister. Au contraire,
il s'offrait, vulnérable, sans défense, éminemment désirable.
"Tu es
vraiment insatiable !" s'exclama son amant. "Je plains ce pauvre Aki
!"
Cette fois, il
obtint une réaction : Junji tenta de se débattre.
"Laisse
Aki en dehors de tout ça !"
Riant
toujours, Kaoru le maintint solidement et se pencha pour le punir d'un baiser
sans aucune tendresse. Le bassiste lutta quelques secondes avant de se
soumettre, signant sa reddition d'un gémissement étouffé.
Puis le
guitariste se redressa, le laissant pantelant :
"Désolé,
mais si je te laisse faire, je serais encore là à midi. Et trop épuisé pour
avoir la force de seulement ramper hors de cette chambre !"
"Chiche
!" haleta son partenaire. Mais Kaoru se leva sans répondre et Junji se
redressa : "Tu veux que je parte aussi ?"
"Non, tu
peux rester dormir ici, je te laisse une clé."
Les yeux
sombres du bassiste étincelèrent et il fit la moue :
"Je ne
veux pas avoir la clé de chez toi, Ka-chan. Ça me donne l'impression que tu me
demandes de m'installer. Et tu sais que…"
"Je
sais," fit le guitariste avec un signe de tête. "Mais c'est
exceptionnel. Prends-la pour aujourd'hui et tu me la rendras… ce soir ?"
acheva-t-il avec un curieux sourire.
Junji éclata
de rire :
"Rappelle-moi
qui est insatiable ?"
***
Die étendit
l'édredon sur le futon et se glissa vivement dessous :
"Dépêche-toi,
Shin-chan !"
"Oui, une
minute !" Le batteur sourit en commençant à se déshabiller : "Tu n'es
tout de même pas si pressé."
"Mais si
! Je ne veux pas perdre une seule des précieuses secondes que je peux passer
avec toi dans un lit !"
Shinya secoua
la tête en soupirant :
"Hentai
!"
"Tu ne
dis pas toujours ça !" répliqua le guitariste avec une grimace grivoise.
Les joues du
batteur rosirent mais il demanda avec le plus grand sérieux :
"Ah oui ?
Et qu'est-ce que je dis ?"
"Mmm…"
fit mine de réfléchir son amant, "ça va de 'Ouiii' à 'Oooh, Die' en
passant par des trucs plus détaillés, mais la plupart du temps, c'est 'Encore' !"
"Baka
yaro !" Shinya n'eut pas le temps d'en dire plus : son compagnon se
redressa et attrapa sa main, l'attirant vers lui. "Hé !" Il tomba à
la reverse sur le lit, se retrouvant aussitôt coincé sous le brun. "Mais
qu'est-ce qui te prend ?"
"Tu es
trop lent !" lui reprocha le guitariste en s'attaquant au chandail pour le
faire passer par-dessus sa tête. "Laisse-moi faire !"
Les
protestations de Shinya furent étouffées par le vêtement. Quand il en émergea,
rouge et décoiffé, se battant pour dégager ses bras, Die avait déjà choisi sa
prochaine cible : son pantalon.
"Hé,
doucement !" râla le batteur en envoyant le chandail sur le sol.
"Fais attention avec mes affaires, espèce de brute, tu m'as déjà déchiré
une chemise !"
"Non,
non," corrigea le brun, sorti vainqueur de son explication avec la
fermeture éclair. "C'est pas ça qu'il faut dire, c'est 'Oh, oui, Die, continue' !"
"Honto ni ?" Shinya demeura
immobile, laissant son amant lui ôter à la fois pantalon et sous-vêtement.
"Et si j'ai pas envie ?"
"Laisse-moi
rire," fut la réponse ironique de Die qui était parvenu à ses fins : avoir
son koi nu dans ses bras. Il le fixa entre ses mèches brunes hirsutes avant
d'incliner la tête pour lui mordiller le cou. Le batteur gémit et l'entoura de
ses bras, faisant glisser ses paumes le long de son dos tout en nouant une jambe
autour de sa cuisse. Le guitariste se redressa en souriant : "Et
maintenant, tu sais ce que tu dois dire ?"
"Pas ce
soir, chéri, j'ai la migraine ?" proposa son compagnon, pince sans rire.
"Mauvaise
réponse ! Tu as droit à encore un essai avant d'avoir un gage…" Il
embrassa Shinya sur le front, puis sur le nez, descendit encore en frôlant à
peine ses lèvres, continua sur son menton et le long de sa gorge. Son amant
grogna en rejetant la tête en arrière pour lui laisser plus de champ mais Die
poursuivit sa progression sur sa poitrine, y traçant un chemin de baisers.
Quand il atteignit son ventre, le batteur empoigna ses cheveux à pleines mains,
l'encourageant à descendre plus bas. Il gémit encore et Die releva la tête, le
faisant presque crier de frustration : "Alors ?"
Shinya lui
aurait volontiers arraché les cheveux, de lui faire subir une telle torture. Il
capitula, sachant qu'il n'aurait pas le dernier mot, et lui dit ce qu'il
voulait entendre – et qu'il pensait vraiment :
"Oui,
Die… continue…."
Le guitariste
se pencha à nouveau, lui arrachant une autre plainte, mais de plaisir cette
fois.
Le téléphone
se mit à sonner dans la salle de séjour.
***
"A itai
!"
"Oups !
Gomen !" Die recula, confus, pour laisser entrer son leader qu'il avait
failli faire tomber, Kaoru poussant la porte d'entrée au moment où il
l'ouvrait. "Désolé, je ne t'avais pas vu. Je t'ai fait mal ?"
"Non, ça
va," grommela le guitariste en suçant son doigt, meurtri en se rattrapant.
Il considéra avec surprise ses deux camarades, le manteau sur le dos et qui
s'apprêtaient visiblement à sortir. "Vous allez où, comme ça ? Vous
deviez…."
Le batteur
l'interrompit :
"On sait
où est Toshiya !"
"Nani ?
Il a appelé ?"
"Non,
c'est Jun," répondit le brun. "Totchi est chez lui."
"Jun
?" répéta Kaoru, interloqué. "Tu veux dire, Jun de Pierrot ?"
"Tu en
connais plusieurs ?" rétorqua l'autre guitariste. "Il vient d'appeler
pour nous prévenir."
"Apparemment,"
compléta Shinya, "Toshiya est arrivé chez lui après mon appel, en lui
demandant de ne rien nous dire. Mais Jun a pensé que c'était grave."
"Il a
bien fait," approuva le leader. "Mais je me demande bien pourquoi
Totchi est allé chez lui ? Je sais qu'ils se sont fréquentés mais c'était il y
a longtemps…''
"Il a
peut-être essayé d'autres de ses ex et c'était le seul qui était là ou qui a
accepté de l'héberger ?" supposa Die. "Mais peut importe. Ce qui
compte, c'est qu'on l'ait retrouvé ! Reste plus qu'à aller le chercher et le
ramener ici par la peau du c…dos," se corrigea-t-il en croisant le regard
sévère de son compagnon qui n'appréciait guère ses écarts de langage.
"Oui, tu
as raison," fit son camarade qui songea amèrement que s'il existait un
seul rocker au Japon avec qui Toshiya n'était pas sorti, c'était lui – il avait
quelques doutes concernant Shinya, mais aucun pour Die. "Et Kyo ?"
ajouta-t-il, jugeant inutile de remuer le couteau dans une plaie pas encore
vraiment guérie.
"Il
dort," indiqua le batteur. "On lui a laissé un mot mais ça tombe bien
que tu sois revenu, ça nous embêtait un peu de le laisser tout seul."
Comme si l'un
des deux ne pouvait pas rester, se dit encore Kaoru. Mais Die et Shinya
fonctionnaient désormais comme une seule entité et n'allaient plus nulle part
l'un sans l'autre, et encore moins depuis leur réconciliation.
"S'il se
réveille," reprit le brun, "dis-lui qu'on est partis lui chercher son
chéri mais que c'est pas sûr," précisa-t-il avec une grimace mi-figue
mi-raisin, "qu'on le ramène vivant… Ah," ajouta-t-il avant que
quiconque ait pu faire un commentaire, "j'ai eu le temps de le mettre au
courant, pour Junya et tout ça… "
"Comment
il l'a pris ?" s'enquit le leader.
"Il a
commencé par se mettre à pleurer, avant de dire qu'il comprenait tout,
maintenant, et qu'il fallait qu'on lui retrouve son Toshiya pour qu'il puisse
le convaincre que ce n'est pas sa faute et que tout n'est pas perdu… Donc, si
tu veux bien nous excuser, on doit partir à la recherche du bassiste
perdu…" Il prit la main de Shinya et rouvrit la porte. Sur le point de
sortir, il se retourna, goguenard : "Au fait, Kao-kun, et ton 'dîner
d'affaires' ? Comment c'était ?"
"Très
bien, arigato," grommela le guitariste en ôtant ses bottines.
"Ça je me
doute, vu l'heure à laquelle tu rentres !" glissa perfidement le brun.
"Et ce vieux Junji, comment il va ?"
"Très
bien aussi," siffla entre ses dents Kaoru qui commençait à sentir la fumée
lui sortir par les oreilles. Continue
comme ça, mon pote, et je vais te rectifier les dents gratos ! "Et si
tu veux tout savoir, je commence à me dire que j'aurais dû rester avec lui. Au
moins, il ne pose pas de questions stupides !"
"Hé, mec,
cool !" Die leva les mains, l'air innocent. "Je voulais juste prendre
de ses nouvelles. Comme vous avez l'air d'être assez… intimes, tous les
deux…"
Le leader leva
les yeux au ciel tandis que Shinya tirait vainement son compagnon par le bras,
s'évertuant à lui faire comprendre que ça suffisait et qu'ils devaient partir.
Kaoru se força au calme. Il n'avait pas envie de se battre avec le brun… ni de
risquer la colère du batteur.
"Tu sais
que t'es lourd, Die ?" soupira-t-il. "Oui, j'ai couché avec Junji !
Ça te défrise ?" Il fixa le guitariste dans les yeux pour lancer :
"Est-ce que je te demande des détails sur ce que tu fais avec Shinya
?"
Celui-ci vira
instantanément à la pivoine et empoigna fermement son amant pour l'entraîner :
"Ça
suffit ! On n'a pas de temps à perdre !"
Die n'insista
pas. Il avait senti au ton du batteur qu'il valait mieux laisser tomber.
"Gomen,
Kaoru !" s'excusa-t-il en suivant Shinya. "C'était juste pour te
taquiner."
"C'est rien
! Grouillez-vous de ramener Totchi, qu'on en finisse avec toute cette histoire
et qu'on puisse se remettre au boulot !"
La porte se
referma. Le batteur attendit d'être arrivé au bout du couloir, devant
l'ascenseur, pour se tourner vers son amant et le fusiller du regard :
"Mais
qu'est-ce qui t'a pris ?" lui reprocha-t-il en appuyant sur le bouton
d'appel. "Ça ne te regarde pas si Junji et lui…"
"Je
sais." Le guitariste baissa la tête. "Je suis désolé, mon koi… mais
ça ne me plaît pas tellement. Junji est avec Aki depuis longtemps…"
"Oui, je
sais. Et alors ? C'est son problème. Kaoru et lui sont majeurs et vaccinés. Ils
savent ce qu'ils font."
La porte de
l'ascenseur s'ouvrit et ils entrèrent dans la cabine. Le brun reprit :
"Je t'en
ai déjà parlé. Kaoru…" Il hésita : "Je sais qu'il a quelqu'un en vue…
et ce n'est pas Junji…"
"Tu en es
sûr ?" demanda Shinya en se rapprochant. Die le serra contre lui et lui
donna un rapide baiser avant de répondre :
"Pratiquement
certain." Puis il secoua la tête : "Non, ne me demande pas qui c'est.
Kaoru m'en voudrait s'il savait que je t'en ai parlé."
"On ne va
tout de même pas devoir lui arranger à lui aussi ses problèmes de cœur ?"
se plaignit en souriant le batteur, alors que l'ascenseur se mettait en marche.
Le guitariste rit aussi et l'embrassa encore :
"Si on
n'était pas musiciens, on pourrait se reconvertir en ouvrant une agence
matrimoniale !"
"Justement,
on en a déjà deux à caser, et c'est pas encore gagné."
La cabine
s'immobilisa au rez-de-chaussée et les portes coulissèrent. Ils sortirent,
toujours serrés l'un contre l'autre – à cette heure, ils ne risquaient pas de
croiser un locataire – et traversèrent le hall.
"J'ai
juré à Kyo de lui ramener Totchi," fit résolument le brun, "et j'ai
l'intention de tenir parole. Ensuite… ce sera à lui de jouer !"
***
Le guitariste
de Pierrot ouvrit la porte à peine les deux membres de Dir en grey eurent-ils
frappés – au téléphone, il leur avait recommandé de ne pas sonner – et eut une
hésitation, un peu gêné :
"Konnichi
wa… Vous avez fait vite…"
Die eut une
rapide inclinaison de tête :
"Konnichi
wa ! Et merci de nous avoir prévenus. Où est-il ?"
Jun s'écarta
pour les laisser entrer et répondit tandis qu'ils enlevaient leurs chaussures :
"Il est,
ano…. dans ma chambre… Il dort." Le brun sursauta et le fixa. Shinya sut
mieux maîtriser sa réaction mais son regard était éloquent. Jun détourna la
tête et bafouilla : "Je… je vais aller le réveiller…"
"Non
!" fit brusquement Die qui ajouta plus doucement : "Je vais m'en
charger, si tu permets."
"Die,
tu…" commença le batteur, inquiet à juste titre. Mais son compagnon lui
sourit :
"Ne
crains rien, Shin-chan, je crois que Kyo m'en voudrait s'il ne le récupérait
pas vivant." Il se tourna vers l'autre guitariste : "Tu me montres le
chemin, Jun ?"
Les yeux du
blonds s'étaient écarquillés à la mention du nom de Kyo. Il commençait à
comprendre. Il acquiesça et précéda son collègue vers sa chambre.
"Alors,"
dit-il à voix basse, "si je comprends bien, Toshiya et Kyo…?"
"Hai."
"Je
l'ignorais… Et ils se sont engueulés ?"
"En
quelque sorte."
"Ah…"
marmonna Jun qui ajouta entre ses dents : "Si j'avais su…"
Die posa sa
main sur son épaule :
"Tu n'as
rien à te reprocher. Tu ne pouvais pas savoir. Et je pense qu'il… qu'il avait
besoin de réconfort…?" L'autre guitariste le regarda et fit 'oui' de la
tête. "Et je sais aussi," ajouta le brun après s'être assuré que son
amant était hors de portée, "qu'il ne sait pas manifester autrement sa
reconnaissance à ceux qui lui viennent en aide…"
Leurs regards
se croisèrent et Jun comprit :
"Hai…"
Il s'arrêta devant une porte close : "C'est là. Tu ne veux pas que
je…"
"Ça ira.
Il vaut mieux que je sois seul un moment avec lui. Tu veux bien aller rassurer
Shinya et lui répéter que je ne vais pas le tuer ?"
"OK,"
consentit à sourire le blond qui s'éloigna. Il fit quelques pas et se retourna
: "Ne sois tout de même pas trop dur avec lui, Die. Je crois qu'il en a
sacrément bavé."
"T'en
fais pas," assura le grand brun en ouvrant la porte.
***
A suivre…
Et de 22 !!!!! Kamisama !!!! Encore un qui n'a pas été
évident ! En tout cas, il s'en passé des trucs, la nuit, à Tokyo !! ^^;;;;;
Je tiens à remercier ceux qui m'ont encouragée cette
semaine, car j'étais un peu malade et j'ai bien cru ne pas pouvoir vous livrer
cet épisode à temps… Arigato minna !
Et 'special thanks' à Christopher Franke et aux
sublissimes BO de Babylon 5, en
particulier In the beginning et Sleeping
in Light, qui ont assuré l'ambiance
musicale, sans parler de Kisou, bien
sûr ^^
Oyasumi !
~Hitomi~(08/03/02
- 23H15)